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Niger: les habitants de Bosso fuient la ville pillée par Boko Haram


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 6 Juin 2016 || 25 Partages

Au Niger, c'est un véritable carnage qui a eu lieu à Bosso, cette ville des abords du lac Tchad et frontalière du Nigeria, attaquée puis mise à sac durant toute la nuit de vendredi à samedi par le groupe terroriste Boko Haram. Les jihadistes nigérians ont infligé de lourdes pertes aux forces loyalistes au moment de l'assaut : 32 morts et des dizaines de blessés. Après une nuit de pillage, les assaillants ont quitté Bosso qui ressemble aujourd'hui à une ville fantôme dépeuplée de ses habitants.
 
Les habitants de Bosso laissent derrière eux une ville déserte. Selon l'ancien député  de Bosso El Hadj Aboubacar, ce sont environ 20 000 personnes qui sont actuellement livrées à elles-mêmes dans la brousse autour de Bosso. Elles sont en manque de vivres, sans abri et alors que les températures peuvent dépasser les 40° Celsius. Selon des sources humanitaires, on compte dans un rayon de 60 kilomètres autour de Bosso pas moins de 120 000 déplacés, dont 60% d'enfants. 
Certains ont rejoint Diffa, d'autres tentent de partir vers les localités voisines, mais les véhicules, eux aussi, manquent : il n'y a qu'une poignée de voitures, quelques charrettes et autres moyens de transport rudimentaires et il est hors de question de retourner à Bosso. 
  
Cultiver pour survivre 
  
Les déplacés sont essentiellement des femmes et des enfants. Les jeunes et les hommes ne partent pas, ou plus rarement, comme l'explique Viviane van Steirteghem, représentante de l'Unicef au Niger. 
  
« La plupart des populations résidentes de Diffa, comme l'hivernage va commencer, il faut qu'elles puissent cultiver, qu'ils soient proches de leur champ, explique l'humanitaire. [...] Cette région a des besoins économiques. Là il a commencé à pleuvoir, alors il faut qu'ils commencent à planter pour avoir de quoi survivre durant la très longue période sèche. Les rations alimentaires ne permettent pas de soutenir toute la région de Diffa qui est quand même une région de 600 000 habitants. » 
  
L'armée est bien présente pour sécuriser la ville, mais pour l'instant, il n’y a pas d'aide humanitaire ni gouvernementale en vue pour les habitants. 
 
Rfi.fr
 

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