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Pape Diouf : «Le succès de Waly Seck à Bercy fera ma fierté»


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 25 Février 2016 || 494 Partages

Pape Diouf : «Le succès de Waly Seck à Bercy fera ma fierté»

Star incontournable du showbiz, sa chanson «Malaw» en featuring avec l’artiste gambien Baye Babou, passe actuellement en boucle sur les antennes sénégalaises. Les promoteurs de spectacles se l’arrachent… Pape Diouf fait partie sans conteste, des chanteurs les plus en vue du moment. Fraîchement débarqué de la Gambie où il a tenu en haleine son public tout un week-end, il a reçu notre équipe dans l’intimité de son salon à Ouest-Foire. Dans une atmosphère de franche camaraderie, le poulain de Prince Arts s’est laissé aller au jeu des questions-réponses. «Malaw» en fond sonore, ça claque assurément !

 

 

Vous revenez d’un spectacle en Gambie. Selon les réseaux sociaux, vous avez enflammé le pays de Yaya Jammeh ?

Effectivement, je pense n’avoir plus rien à prouver en Gambie. Depuis 1995, du temps de Lemzo Diamono, j’ai pris l’habitude de m’y produire. J’ai pratiquement joué dans toutes les salles et par la grâce de Dieu, à chaque fois, c’est un succès. Le week-end dernier, j’ai été choisi pour animer la soirée du Port, qui est l’une des entreprises les plus prestigieuses du pays et qui joue un rôle de premier plan dans l’économie. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’ils font appel à moi. La première fois, en 2012, ils m’ont fait savoir qu’ils n’avaient jamais organisé une soirée avec autant de recettes. Cette année, le même scénario s’est encore produit. Plus de 100 tables ont été vendues et tous les tickets d’entrée ont été achetés. Il faut dire que je suis resté un moment sans y faire de prestations et c’est sans doute ce qui a poussé les Gambiens à sortir en masse pour venir me regarder jouer. D’autant plus que je m’efforce de toujours donner le meilleur de moi-même lorsque je m’y produis. Je pense que le «phénomène» Baye Babou a également beaucoup contribué à la réussite de cette soirée. Notre duo a en quelque sorte raffermi les liens entre nos deux pays. «Malaw» a démontré que le Sénégal et la Gambie sont un même peuple. Pour marquer l’événement, en me rendant là-bas pour le spectacle, j’ai préféré prendre la route. Pour moi, c’était plus symbolique et c’était également une manière de montrer au personnel du Port que j’étais fier qu’ils aient porté leur choix sur moi. Le directeur du Port est venu à ma rencontre, ainsi que Baye Babou, qui m’a fait porter le drapeau gambien. A mon tour, je lui ai fait porter le drapeau sénégalais. Un acte fort, qui a coïncidé avec la fête de l’indépendance de la Gambie et que la population a salué.

 

Puisque vous êtes passé par la voie terrestre pour vous y rendre, vous avez sans doute entendu parler du blocus aux frontières entre le Sénégal et la Gambie…

Bien sur ! Je peux même dire que j’ai vécu ces problèmes car mes musiciens et certains de mes fans qui ont tenu à faire le déplacement pour assister à la soirée, ont été obligés d’immobiliser leurs véhicules à Karang pour pouvoir entrer en Gambie. Je ne maîtrise pas le pourquoi de ce blocus, mais je crois qu’il est temps qu’on y trouve une solution définitive. On peut recourir à la voie diplomatique et les deux Présidents gagneraient à s’asseoir autour d’une table et lever toutes les équivoques qui minent leur entente. Je lance cet appel solennel aux deux chefs d’Etat.

 

Comment votre rencontre avec Baye Babou s’est-elle faite ?

Le plus naturellement du monde. Baye Babou était un de mes admirateurs. Il suivait et appréciait de loin mon travail et un jour, il s’est invité à l’une de mes soirées en Gambie, il y a un an. Il s’est ouvert à mon staff de son désir de faire une sorte de «jam session» avec moi. Ils m’en ont parlé, je ne savais pas quel genre de musique il faisait, mais j’ai accepté. C’est de cette manière que mes aînés m’ont donné ma chance. Et lorsqu’il est monté sur la scène, il m’a non seulement séduit, mais le public aussi a adhéré. J’ai pu me rendre compte combien il était brillant. Le plus cocasse dans l’histoire, c’est que notre première expérience ne s’est pas faite sur le morceau «Malaw», mais «Boul song». C’est le lendemain, alors que je donnais un concert au stade, qu’il est revenu. Je ne savais même pas qu’il allait revenir et donc, il est tombé cette fois-ci sur la chanson «Malaw». Nous avons fait un featuring et certains dans le public l’ont filmé et posté sur les réseaux sociaux. C’est de là que tout est parti. Quelque temps après, son producteur m’a joint au téléphone pour me demander de faire un duo avec Baye Babou dans son prochain album, histoire de lui donner un coup de pouce, de l’aider à mieux se faire connaître. En lieu et place, je leur ai proposé d’enregistrer avec lui la chanson «Malaw», parce que je savais que ça allait le propulser au-devant de la scène. Entre temps, j’ai fait une émission avec Dj Boub’s, «Invité d’honneur», je l’ai invité à se joindre à moi sur le plateau. Il a assuré, comme d’habitude. Mais jusqu’à présent, nous ne sommes pas entrés en studio, alors que le morceau connaît un énorme succès.

 

Vous attendiez-vous au succès qu’a enregistré «Malaw». C’est la chanson du moment…

Honnêtement, lorsque je joue de la musique, je le fais naturellement, sans aucun calcul. Succès ou non, je pense que c’est du ressort de Dieu. Quoi qu’il advienne, je m’en contenterai. D’ailleurs, Youssou Ndour me dit toujours de ne pas croire au succès, de me limiter à faire plaisir à mes fans, le reste vient naturellement.

 

Pourquoi avez-vous choisi de chanter les Laobés ?

Je suis un artiste et je chante toutes les ethnies. Avant «Malaw», j’avais sorti «Diofior», un hymne aux sérères. Les Laobés sont quant à eux des personnes de valeur. Ils contribuent à l’économie du pays, même si elles ne font pas partie de l’élite intellectuelle. Ils font généralement du commerce et surtout de la sculpture. Un travail manuel qui s’exporte facilement. Le travail des Laobés sert à tout le monde et plus encore à l’extérieur. Chaque jour, il y a des containers de «Djembés», de masques, exportés vers tous les pays du monde. Dans les grands salons du monde, sont exposées leurs œuvres. Les Occidentaux n’ont pas le savoir de cet art, sinon ils l’auraient fait eux-mêmes. Franchement, je crois que l’Etat gagnerait à renforcer leurs capacités de production, en les dotant de plus d’infrastructures. L’idée de chanter «Malaw» m’est venue à Rome lors d’une soirée que j’y donnais. Sur scène, des gens sont venus vers moi et ont commencé à me couvrir de billets de banque. Ils m’ont dit qu’ils sont des Laobés et aimeraient que je chante leurs louanges. Sur le champ, je me suis exécuté et l’inspiration est venue naturellement. C’est ainsi qu’est né le morceau et ce sont ces mêmes personnes dont j’ai loué les bienfaits à Rome qui ont organisé la soirée de demain au Grand Théâtre.

 

«Si on doit censurer Malaw, beaucoup de chansons passeront aux ciseaux»

 

La nuit des Laobés aura lieu donc ce vendredi…

Ce sera une grande première et j’invite tous mes amis artistes, sans exception, à cette grande nuit. En passant, je remercie les Laobés. Ils sont contents de la chanson que je leur ai dédiée et me le font savoir de différentes manières. Bara Sow s’est beaucoup investi, financièrement et humainement, pour la réussite du clip. Les Laobés m’appellent de partout, ceux de Gambie m’offrent toutes sortes de cadeaux et se sont mobilisés pour cette soirée. J’invite tout le monde à cette soirée du 26 pour qu’elle soit une nuit à nulle autre pareille. A ce qu’il parait, il y aura même une exposition dans le hall du Grand Théâtre.

 

Sur la 2stv, l’animateur Tounkara a appelé à la censure de votre chanson ?

J’ai un grand respect pour Tounkara. Je lui reconnais son savoir et je suis souvent ses émissions. Nous sommes dans un pays démocratique où chacun a le droit de se prononcer comme bon lui semble. C’est son point de vue et je le respecte. Et puis, des gens comme lui, il en faut dans notre pays.

 

Mais encore…?

Je dirai juste qu’il me semble qu’il y a d’autres chansons qui sont bien moins appropriées que Malaw. Je ne vois d’ailleurs pas ce qui pourrait faire l’objet de censure. Nous sommes des professionnels, des artistes bien avisés. Si on doit censurer des chansons, beaucoup passeront aux ciseaux.

 

Vous préparez également de grandes affiches pour les Sénégalais ?

J’en prépare un méga concert au stade Demba Diop. Je remercie au passage le ministre des Sports de m’avoir fait confiance pour me confier ce stade, avec une pelouse refaite à neuf. J’ai pris l’engagement que le stade lui sera remis en l’état et j’en appelle à la «Jeunesse consciente» pour ça.

 

Qui appelez-vous la «Jeunesse consciente» ?

C’est celle qui se prend en main et qui agit pour le bien du Sénégal. Ce pays est réputé en matière d’hospitalité et d’éducation. Maintenant, il se dit qu’on a découvert des gisements de gaz et de pétrole. Des atouts que la jeunesse doit mettre à profit afin qu’on n’aille pas chercher d’autres bras pour exploiter toutes ces ressources. Que la jeunesse se forme et que chacun, à sa manière, agisse pour le bien de ce pays. J’en suis à cette sensibilisation. Une jeunesse consciente et saine, d’où l’idée d’un concert pour la «Jeunesse consciente». On profitera de ce spectacle pour rendre hommage à Youssou Ndour, qui a inspiré plus d’une génération de Sénégalais. Ensuite, il y aura le «Grand bégué», comme l’année dernière. Mais cette année, ça se fera ici au Sénégal, les 3 et 4 juin. Il y aura un format gala au King Fahd Palace et le concert populaire à la Place du Souvenir. J’en appelle aux sponsors pour qu’ils soutiennent les artistes sénégalais autant qu’ils soutiennent les artistes internationaux lorsqu’ils sont de passage dans le pays de la «Téranga». Un artiste ne peut avancer sans l’appui des sponsors. Je déplore le fait que c’est difficile de décrocher un grand sponsor pour nos productions. On en voit quelquefois, mais rarement. C’est inconcevable que Magic System, P Square ou Stromaé, se produisent à Dakar et empochent une centaine de millions. Alors que nous, artistes sénégalais qui sommes des ambassadeurs du pays, ayons du mal à être sponsorisés.

 

Le 4 juin, à cette même date, Waly Seck se produira à Bercy. D’aucuns ont jugé que c’est une déconvenue pour vous…

D’emblée, je félicite Waly Seck. Maintenant, qu’il se produise avant moi à Bercy, là n’est pas la question. Chacun a son destin et je prie le Bon Dieu pour que son concert soit un carton plein, au-delà même de ses espérances. Son succès sera une fierté pour tous les Sénégalais, dont moi-même. J’ai été le premier à jouer au Grand   Théâtre, au Zénith de Paris, aux Docs Pullman, à guichets fermés et aujourd’hui, Waly m’a devancé à Bercy. C’est du pareil au même, nous avons tous le même objectif : faire rayonner la musique sénégalaise. Cela ne devrait même pas susciter des commentaires, ce n’est pas une affaire entre Waly et Pape Diouf, mais c’est le Sénégal qui gagne. Nous avons chacun son public. Pour le 4 juin, date à laquelle je me produis à la Place du Souvenir et Waly à Bercy, c’est une date que j’ai calée depuis belle lurette. En plus, les deux spectacles déroulent dans des lieux tellement éloignés : à Dakar et en France. Nous allons, chacun de son côté, mettre le feu…

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