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Pourquoi le FMI intègre le yuan chinois dans son panier de devises


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 30 Novembre 2015 || 15 Partages

Pourquoi le FMI intègre le yuan chinois dans son panier de devises

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) doit approuver, lundi 30 novembre à Washington, l’inclusion de la monnaie chinoise, le renminbi (RMB) ou yuan, dans les droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de devises qui sert d’actif de réserveinternational à l’institution. A partir du 1er octobre 2016, date à laquelle cette mesure est censée devenir réalité, les 188 Etats membres du Fonds pourront échanger des DTS contre les cinq monnaies dites « librement utilisables » – dollar, euro, livre sterling, yen et désormais le RMB – s’ils en ont besoin pour équilibrer leur balance des paiements.

Un geste symbolique fort à l’égard de Pékin.

Pour la Chine, qui en avait fait la demande en 2009, la décision du FMI vaut reconnaissance du poids de l’économie chinoise, la deuxième de la planète, sur la scène internationale. Les devises qui composent les DTS doivent en effet répondre à deux critères : être émises par un pays clé en matière d’exportations de biens et de services, et être « librement utilisables », c’est-à-dire largement utilisées dans les transactions internationales et couramment échangées sur les marchés de changes.

La devise chinoise remplit depuis 2010 le premier critère, relatif à son importance dans le commerce mondial. En estimant, cinq ans plus tard, que Pékin remplit le second critère, le FMI donne acte à la Chine des réformes économiques et financières qu’elle a a engagées. Et il encourage les réformateurs chinois à pousser les feux de la libéralisation.

 

Des changements financiers mineurs pour le FMI.

Au-delà de sa portée symbolique, l’inclusion du RMB dans les DTS ne va pas changer la face du monde. Car la monnaie chinoise occupe aujourd’hui une place marginale : elle représente 2,5 % des transactions internationales, contre 3 % pour le yen, 29 % pour l’euro et 43 % pour le dollar américain. Si la nouvelle pondération de ces devises dans les DTS semble être d’ores et déjà arrêtée par le Fonds – le yuan représenterait de 10 % à 13 % du panier, selon les sources –, le taux d’intérêt global du DTS n’est pas encore fixé. L’inclusion du RMB pourrait renchérir à la marge les prêts du FMI et les intérêts versés aux Etats membres lorsqu’on utilise leurs ressources financières pour prêter à d’autres. L’augmentation attendue des taux d’intérêt américains devrait jouer dans le même sens.

Une utilisation plus large de la monnaie chinoise.

La Chine est un acteur financier de plus en plus important : on ne compte plus le nombre de pays avancés ou en développement auxquels elle a prêté. Pour ce faire, les autorités chinoises avaient jusqu’à présent opté pour une internationalisation du RMB sans convertibilité. C’est-à-dire que le yuan ne peut pas être échangé librement contre d’autres devises. La banque centrale chinoise a, dès lors, privilégié les accords de swaps de devises, des échanges directs avec d’autres banques centrales, sans passer par les Etats. Fin mai, la valeur totale de ces accords avec 32 pays et régions a dépassé 3 000 milliards de yuans (469 milliards de dollars), selon la People’s Bank of China.

L’inclusion du RMB dans les DTS va conduire à une plus large utilisation de la monnaie chinoise et devrait accroître sa convertibilité. Faut-il en conclure que la Chine va devenir sous peu un acteur financier international comme les autres ? Sûrement pas à court terme, répondent les économistes qui connaissent le pays. La plupart d’entre eux pensent que la libéralisation du secteur financier chinois va prendre du temps et que Pékin, selon l’expression de Jean-Pierre Cabestan, directeur du département science politique de l’Université baptiste de Hongkong, n’est « pas prêt pour une libéralisation totale de l’économie ».

 
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