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Présentation des 12 championnes d'Afrique : Mention très honorable


Douze Lionnes sont allées conquérir, à Yaoundé (Cameroun), le onzième sacre continental du Sénégal dans le basketball féminin. De Bineta Diouf, qui est montée sur la plus haute marche du podium pour la 3e fois à Ramata Daou qui découvrait l'Afrobasket, en passant par les expérimentées Aya Traoré et Mame Diodio Diouf, ou à Astou Traoré, enfin heureuse de remporter le trophée, elles ont présenté des copies honorables, avec quelques faux-pas en cours de route, pour s'offrir le Graal.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 6 Octobre 2015 || 29 Partages

AYA TRAORE (32 ans, arrière) :

En chiffres : 29,2 minutes, 13,1 points, 5,9 rebonds, 1,4 passe décisive en moyenne par match.

Deux fois championne d’Afrique, deux fois Mvp du tournoi. Aya Traoré, c’est un peu comme la locomotive du Sénégal. Quand elle marche, elle porte avec elle ses coéquipières et les tire vers le haut. Ses statistiques sont très honorables, pour une joueuse restée longtemps sans club, avant le tournoi. Six fois sur huit, elle a atteint la barre de 10 points, culminant même à 17 points en finale, face au Cameroun, à 20 points face au Mali et à 21 face à l’Egypte ; ce qui prouve une grande présence dans les matches les plus tendus. Ce n’est pas étonnant, finalement, que le Sénégal perde quand elle passe à côté de son match, face au Nigeria, en phase de poule. Elle a donné raison à Moustapha Gaye d’avoir bâti une équipe autour d’elle.

ASTOU TRAORE (34 ans, ailière forte) :

En chiffres : 19,2 minutes, 15,1 points, 3,6 rebonds, 2,1 passes décisives en moyenne par match.

Ce titre, c’est d’abord elle qui le voulait le plus. Astou Traoré n’en pouvait plus de vivre avec cette malchance qui la poursuivait en Equipe nationale. Présente en 2005 et en 2007 sans succès, elle n’avait pas ensuite été là, quand le Sénégal remportait le titre, en 2009. De retour en 2011 et en 2013, elle n’était toujours pas sacrée championne d’Afrique. C’est désormais chose faite et il faut dire qu’elle s’est donné les moyens de ses ambitions clamées partout, quand les observateurs ont douté de son apport, à cause de son âge (34 ans). Son mental de revancharde a porté le Sénégal sur la plus haute marche du podium. Et, sur le parquet, Astou Traoré a été la plus fine gâchette des «Lionnes», avec un total de 121 points (24 face à la Guinée, 22 face à l’Egypte, 17 en demi-finale et 16 en finale, entre autres) qui lui permettent d’entrer dans l’histoire : Astou Traoré est devenue, tout simplement, la meilleure pointeuse de l’histoire de l’Afrobasket. Un peu comme le Français Tony Parker avec l’Eurobasket. Speechless.

MAME MARIE SY (30 ans, ailière forte) :

En chiffres : 25,38 minutes, 8,8 points, 5,6 rebonds, 2,9 passes décisives en moyenne par match.

Elle fait partie du cercle des «Lionnes» qui avaient été là pour le sacre de 2009, à l’instar d’Aya Traoré, Mame Diodio Diouf, Fatou Dieng et Bineta Diouf. Désormais deux fois championne d’Afrique, Mame Marie Sy, également sans club, a livré un Afrobasket de très haute facture. Très régulière dans le pointage, toujours prête au combat, elle a su surnager dans les temps faibles du Sénégal, avec des paniers qui ont parfois maintenu les «Lionnes» à flot. On retiendra sa prestation face au Nigeria contre qui, elle a été l’une des rares à répondre au défi physique et technique imposé.

MAIMOUNA DIARRA (24 ans, pivot) :

En chiffres : 19,2 minutes, 7,5 points, 8,5 rebonds, 0,9 passe décisive en moyenne par match.

Elle aura été héroïque durant tout le tournoi. Une des meilleures «Lionnes» de cet Afrobasket, Maïmouna Diarra a réalisé deux double-double (face à l’Algérie et à l’Egypte) et s’est révélée battante dans les moments chauds, notamment en demi-finale, face à l’Angola où ses entrées en jeu ont donné du fil à retordre aux «Palancas Negras», autant défensivement qu’offensivement. Elle réussit un total impressionnant de 68 rebonds  et 60 points !

FATOU DIENG (32 ans, meneuse) :

En chiffres : 23,7 minutes, 4,4 points, 2,9 rebonds, 4,4 passes décisives en moyenne par match.

La meneuse de poche des «Lionnes» aura carburé comme du diesel. Entrée petitement dans la compétition, elle est montée en puissance, match après match, pour offrir sa plus belle prestation en finale, face au Cameroun (avec un 100% sur les tirs à distance !). Peu impressionnée par les grandes tailles des adversaires, elle ne s’est jamais gênée pour aller au charbon et récolter même des rebonds précieux (6 rebonds en demi-finale face à l’Angola). Comme en 2009, sa percussion et sa qualité de passe auront été déterminantes pour mettre ses coéquipières dans des positions idéales de tirs.

MAME DIODIO DIOUF (30 ans, meneuse/arrière) :

En chiffres : 15,8 minutes, 3,7 points, 1,7 rebond, 1,8 passe décisive en moyenne par match.

Ce n’est certainement pas la Diodio qu’on avait l’habitude de voir durant les précédents Afrobasket. Celle qui détient le record de participations à ce tournoi (elle a pris part à toutes les Coupes d’Afrique, depuis l’édition de 2007), a perdu un peu de son peps, peut-être à cause des pépins physiques qu’elle a accumulés depuis sa blessure en 2013, à Maputo. Mais sa présence aura boosté les moins expérimentées de ses coéquipières. On l’a vue, à plusieurs reprises, replacer Ramata Daou qui découvrait la compétition. Et quand le coach fit appel à elle, son métier a suffi pour maintenir le Sénégal dans la course. Comme ce fut le cas face à l’Egypte où elle profite du turnover pour présenter une fiche très honorable de 27 minutes, 10 points, 2 passes et 2 rebonds.

OUMOUL KHAIRY THIAM (25 ans, ailière/meneuse) :

En chiffres : 12,5 minutes, 3,4 points, 2 rebonds, 1,1 passe décisive en moyenne par match.

Volontaire et polyvalente, Oumoul Khaïry est une véritable énigme qui peut sortir de son match, à force de vouloir trop en faire. Une énergie débordante qui lui vaudra d’être assez irrégulière durant le tournoi. Sa meilleure copie est rendue face à l’Algérie, en match de poule, avec 9 points et 6 rebonds, en 22 minutes de présence sur le parquet. Par contre, elle fait preuve d’une réussite détonante dans les lancers francs, avec un 100%, durant tout le tournoi (4/4 face à l’Algérie et 2/2 en finale) !

OUMOU KALSOUM TOURE (27 ans, ailière forte) :

En chiffres : 12,3 minutes, 4,2 points, 3,4 rebonds, 0,5 passe décisive en moyenne par match.

Autre joueuse de l’ombre du système Tapha Gaye. Elle a aussi participé à la rotation qui a permis au 5 majeur de se reposer, au besoin. 27 rebonds et 35 points au total, elle s’est surtout fait plaisir dans le derby face à la Guinée (14 points ; 8 rebonds). Face au Mali, un autre derby, plus serré, celui-là, elle a offert une prestation à deux visages. Brillante en défense (9 rebonds, dont 8 défensifs), faible en attaque avec un zéro pointé.

NDEYE SENE (27 ans, arrière) :

En chiffres : 12,1 minutes, 4 points, 1,1 rebond, 1,6 passe décisive en moyenne par match.

Ndèye Sène n’a pas beaucoup joué durant cet Afrobasket. La sociétaire de Saint-Louis Basket Club était présente quand il fallait faire tourner et reposer les plus utilisées. Elle a d’ailleurs manqué le premier et le dernier match du Sénégal, respectivement face à l’Angola et, en finale, contre le Cameroun. Sur les autres matches où elle a été utilisée, ses 28 points inscrits au total (dont 12 face à l’Algérie) ont été importants.

RAMATA DAOU (27 ans, pivot) :

En chiffres : 11,2 minutes, 3 points, 3,6 rebonds, 0,4 passe décisive en moyenne par match.

Pour son premier Afrobasket, Ramata Daou est passée par toutes les émotions. Elle a d’abord fait le tour du web, pour avoir subi la furie de son entraîneur Moustapha Gaye, qui n’était pas loin de lui administrer une gifle, lors d’un temps-mort. Mais, soutenue par ses coéquipières, elle s’est ensuite remise pour apporter sa pierre à l’édifice. 10 points et 7 rebonds, face à la Guinée, en match de poule, 8 points et 6 rebonds en finale, elle peut être fière de son bilan, même si, avec sa taille (2,02 m), on lui aurait volontiers demandé plus de concentration et de présence dans les rebonds.

BINETA DIOUF (36 ans, pivot) :

En chiffres : 10,5 minutes, 3 points, 2 rebonds, 0,7 passe décisive en moyenne par match.

La doyenne de la «Tanière» part sur une très belle note, avec une deuxième médaille de championne d’Afrique à son cou. Présente en Equipe nationale depuis 2000 avec l’Afrobasket et les Jeux Olympiques de Sydney, elle peut se targuer d’avoir remporté 3 Afrobasket sur les 4 auxquels elle a participé (2000, 2007, 2009 et 2015). Si elle a peu joué, sa présence sur le banc a été importante, notamment pour remonter le moral de ses jeunes coéquipières ou les pousser à se surpasser. Un très bon relai entre le staff technique et l’équipe, qui a parfaitement su jouer son rôle. Sur le parquet, elle présente un total de 18 points, dont 10 inscrits lors de la défaite face au Nigeria ! Score très honorable pour une «mémé» de 36 ans qui raccroche avec beaucoup d’anecdotes à raconter à ses petits-enfants sur les Jeux Olympiques (2000), le Championnat du monde (2002 et 2010) et l’Afrobasket (2000, 2007, 2009 et 2015). Sacré programme !

SABELLE DIATTA (29 ans, ailière) :

En chiffres : 6,8 minutes, 2 points, 1 rebond, 0,2 passe décisive en moyenne par match.

Elle est la moins utilisée de toute l’équipe. Avec un temps moyen de présence de 6,8 minutes par match, Sabelle n’a pu récolter que des miettes. A peine s’est-elle gavée face à la Guinée, avec 9 points et 4 rebonds dans le match le plus facile du Sénégal durant ce tournoi. Et en finale, avec trois minutes de présence, elle a, à peine, eu le temps de placer une passe décisive.

Moustapha Gaye, un talent réel au caractère difficile

L’incident qui l’a opposé à Ramata Daou a réveillé les supputations sur le caractère sanguin de Moustapha Gaye, autant que le nouveau sacre du Sénégal a remis au goût du jour son grand tempérament de gagneur. En 2011 déjà, cela faisait parler. En atteste ce profil, alors dressé par l’Agence de presse sénégalaise. Flash-back.

Ancien basketteur, ancien capitaine de la sélection nationale masculine du Sénégal, Gaye a été autant efficace et effacé, sur le terrain que «sulfureux», sur le banc de coach où il se révèle un véritable sanguin. Certainement, sa vision du jeu, mais aussi et surtout, ses envies de victoires à tout prix l’y obligent. Mais, sur le banc de l’As Douanes, par exemple, Gaye ne s’était pas gêné de gifler, en pleine finale de Coupe du Sénégal, un basketteur qui n’avait pas appliqué la consigne de jeu. Les autorités en étaient ébahies. Mais lui avait, de suite, viré à l’apaisement, pour ensuite faire l’accolade au même joueur.

Le style de Moustapha Gaye faisait tellement peur, disait-on, que lorsqu’en 2009, on lui confiait l’Equipe nationale féminine, la crainte était grande de voir «un éléphant se promener dans un magasin de porcelaine», tant la rugueuse attitude du coach déparait de la fragile docilité des «Lionnes».

Lui-même le reconnaît : «Lorsque le DTN Ousseynou Ndiaga Diop me confiait les filles, tout le monde disait que ça n’allait pas marcher.» Une prédiction qui ne s’avéra pas, puisque son passage chez les «Lionnes» lui permettra de remporter deux Afrobasket et une finale des Jeux Africains et de disputer deux autres finales perdues (Afrobasket 2011 et tournoi de la Francophonie 2009).

Si on ne peut pas lui faire de reproche sur un plan purement sportif, son sens du relationnel laisse pantois les orthodoxes de la bonne entente, Gaye fonctionnant, le plus souvent, à l’affectif et se radicalise sur le respect qui est chez lui «une exigence».

Le respect, il le cultive et l’exige viscéralement, au point que même la personne du doyen du basket sénégalais, Abdoulaye Sèye Moreau, n’y échappe pas. Quand ce dernier a voulu lui dire ce qu’il aurait aimé qu’il fasse, Moustapha Gaye ne s’est pas gêné de le couper et de le remettre à sa place, lors de son audition par la Commission de discipline.
«Je ne suis pas là pour écouter ce que vous auriez aimé», raconte-t-il avoir dit à celui qui est, par ailleurs, l’une des premières «victimes de la méthode Tandian (alors président de la fédération)».

Entre cette forte personnalité qui frise parfois la condescendance dans ses rapports avec son petit monde dans les sphères du basket et celle de Baba Tandian qu’il dit «ne pas aimer», le clash ne pouvait que survenir, en 2010, lors d’une conversation téléphonique, quand Gaye avait «remis à sa place Tandian». Ce dernier n’avait pas apprécié et le torchon n’a, depuis, cessé de brûler.

PS


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