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Prévention, Action, Réaction contre le terrorisme: 4 généraux de l’armée dévoilent les stratégies à adopter


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 9 Mai 2016 || 480 Partages

Si le Sénégal veut lutter efficacement contre le terrorisme ou adopter la meilleure stratégie en cas d’attaque, il devrait prendre en compte les propositions et recommandations faits. C’était lors du dîner-débat, organisé par l’Association sénégalaise des anciens élèves et auditeurs de France (Asena), vendredi dernier. Le Général de Brigade Talla Niang, le Général Mansour Seck, le Général Mamadou Niang et le Général Babacar Gaye, ont, en effet, montré la voie à suivre.

Ils étaient quatre Généraux de l’armée sénégalaise, tous membres de l’Amicale des anciens de l’Ecole militaire spéciale de Saint Cyr de France à se prononcer sur la lutte contre le terrorisme. C’était, vendredi dernier, lors du dîner-débat organisé par l’Association sénégalaise des anciens élèves et auditeurs de France (Asena) et portant sur le thème : «L’Afrique de l’Ouest face à la  montée du crime transnational organisé». Pour ce qui concerne le cas du Sénégal, ces Généraux, dont deux anciens Chefs d’Etat major général des armées (Cemga), ont donné les stratégies à adopter.

Général Talla Niang : «Les communautés étrangères qui envahissent nos quartiers doivent être surveillées»

Analysant la question de la lutte contre le terrorisme, le Général de Brigade Talla Niang, a souligné qu’elle doit «s’appuyer nécessairement sur le triptyque : prévention,  renseignement et action. Cette lutte sera globale, multidimensionnelle et internationale. Et elle devra utiliser des leviers nouveaux au plan politique, juridique, diplomatique et financiers. Toute action devra nécessairement s’appuyer sur les formidables capacités qu’offrent les nouvelles techniques de l’information et de la communication, ainsi que les nouvelles capacités militaires et policières. Toute action doit enfin être encadrée par les standards internationaux en matière de droit de l’homme».

Pour ce qui concerne le Sénégal, le Général Niang a attiré l’attention sur un fait qui doit appeler à la vigilance de tous. A savoir, les étrangers qui sont dans les quartiers et dont on ignore tout d’eux. A ce propos, il a déclaré : «Les communautés étrangères qui envahissent nos quartiers, nos trottoirs, doivent faire l’objet d’une plus grande surveillance et des vérifications d’identité, le cas échéant d’autorité public». Et ce n’est pas tout, car il a ajouté : «Les réseaux sociaux, les prisons et certaines mosquées radicales doivent faire l’objet de plus de surveillance». Non sans manquer de souligner:  «Les opérateurs de téléphonie doivent être utilisés par l’Etat pour compléter les moyens disponibles et les compétences qui lui manquent, mais dans un cadre légal».

Dans le cadre de l’action, le Général est d’avis qu’«il ne faut pas oublier une chose. C’est que la compétence reste le premier apport. Toute intervention doit s’inscrire dans un cadre légal, conformément à une législation adaptée ou au minimum respectueuse des droits de l’homme. L’action devrait permettre de rattraper les ratés de la prévention». Pour le haut gradé, «le Sénégal devrait se doter d’un manuel de procédures qui fixe les mécanismes de déclenchement de l’action, les formes, les moyens, les responsabilités, les acteurs, tout au long de la chaîne pour éviter les lourdeurs de l’attente des ordres».

Général Mamadou Niang : «Les confréries doivent faire attention aux mendiants et aux arabisants»

Qu’il y ait terrorisme ou pas, le Général Mamadou Niang reste convaincu que «chaque Etat doit se mettre la pression d’avoir un nouveau dispositif de sécurité». «Il ne faudra jamais attendre qu’il y ait des problèmes pour réagir. Nous avons des délégués de quartier, des maires, des postes de police, l’administration pénitentiaire, la douane, la diplomatie pour participer à l’effort d’alerte», selon lui.

Aussi, pour parer à toute éventualité, il a préconisé d’adopter également la conduite à tenir : «La prévention, l’action et la réaction». Car, d’après l’ancien ministre de l’Intérieur, «la réaction suppose qu’il y ait des gens formés avant. Il faut de vrais professionnels, capables de faire face à une situation dangereuse. Cela suppose un plan de lutte, mais aussi des unités positionnées, avec des moyens qui vont avec. Rien ne nous empêche de travailler à travers les frontières avec les amis et tous ceux qui peuvent nous apporter un plus. Egalement, les confréries doivent faire attention à tous ces mendiants qui se déplacent, et à certains arabisants».

Général Babacar Gaye : «Pas de solutions purement militaires pour venir à bout du terrorisme»

Pour sa part, le Général Babacar Gaye, ancien Cemga et ex-commandant de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca), répondant à certaines interrogations de l’universitaire Bakary Samb, a déclaré qu’il faut une approche plus globale pour la lutte contre le terrorisme. «Le terrorisme est constitué par des actes qui se situent au niveau tactique et auxquels on veut répondre par des stratégies. Et c’est là où se situe la difficulté. Je suis d’accord que ce ne sont pas des solutions purement militaires qui vont venir à bout du terrorisme. Ce sont des solutions globales qu’il faut privilégier, puisque la guerre contre le terrorisme n’est plus le paradigme qui, aujourd’hui,a l’accord de tous les acteurs», a-t-il estimé.

Dès lors, le Général Gaye  confie:«En termes de moyens, ce que l’opinion publique attend de l’Etat, c’est qu’il puisse prévenir. Mais si l’on voit ce qui s’est passé à Grand Bassam, l’opinion sait que ce sont des choses difficiles à prévenir à 100%. En revanche, ce que l’on attend, c’est qu’il y ait des réactions qui soient préparées et appropriées, qui donnent le sentiment que l’on est protégé. C’est la crédibilité, la légitimité de l’Etat qui est remise en cause, s’il n’y a pas de réactions appropriées. Aujourd’hui, nous ne sommes plus aux temps des grands bataillons. Nous sommes dans un domaine où les réactions sont plus softs. Il faut des spécialités plus fines, des renseignements, mais aussi des gens extrêmement bien entraînés et capables de réagir vite».

Général Mansour Seck : «Faire une introspection de notre société, de l’absence pratiquement de l’Etat»

Ancien Cemga, le Général Mahamadou Mansour Seck a, de son côté, insisté sur l’importance du renseignement. Il a déclaré, en effet, qu’il faut aussi «prendre en compte le renseignement humain. Parce que les renseignements électroniques seulement ne suffisent pas».

Egalement, l’ancien ambassadeur du Sénégal aux Etats-Unis a souligné: «Il est bon aussi de faire une introspection de notre société et nos faiblesses, de voir les inégalités, les jeunes sont frustrés à cause du chômage, aussi de l’absence pratiquement de l’Etat. Nous avons par exemple à Dakar une banlieue de presque un million de personnes. Mais on ne voit pas toujours, ni le pompier, ni l’agent de police, ni le gendarme, etc. Donc, on ne sait pas ce qui se passe». «Et récemment, un journal parlait de plus de 30% des Sénégalais qui n’ont pas d’état civil, c’est-à-dire qu’on ne peut pas les identifier», s’est-il inquiété.


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1.Posté par mousseul le 09/05/2016 17:31
Nos Généraux ont parfaitement raison d'attirer notre attention sur le terrorisme qui gangrène le monde. C'est effarant de savoir que les gens circulent sans papiers d'identité obligatoires sous peine d'amendes. La Presse a un rôle d'information et de prévention à jouer pour lutter contre le terrorisme.

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