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Prix hors de portée : Les moutons bêlent, les Goorgoorlu pleurent


A deux jours de l’Aïd El kebir, communément appelée Tabaski, le gigantesque foirail de Séwékhaye, dans la commune de Ngoundiane, reste le point de mire d’un nombre impressionnant de responsables de famille qui ne ferment plus l’œil. Là, le visiteur moyen n’en croit pas ses yeux. Puisqu’à Séwékhaye, considéré comme le plus grand marché du bétail au Sénégal, le mouton ne se vend pas cette année à moins de 70 mille francs Cfa. Un état de fait qui préoccupe les fidèles clients de ce foirail, accoutumés à trouver des têtes à la portée de toutes les bourses.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 10 Septembre 2016 || 419 Partages

Prix hors de portée : Les moutons bêlent, les Goorgoorlu pleurent
 

La région de Thiès qui se singularise par sa voie ferrée n’est pas seulement le carrefour du Kajoor. Elle se distingue également par sa capacité d’abriter le plus important point de débarquement de moutons en provenance de toute la sous-région : le foirail de Séwékhaye, renforcé par ceux non moins importants de Touba Toul et de Khombole. Cela, sans compter les nombreux points de vente sur la route nationale numéro 2 qui mène à ce célèbre marché à bétail, à hauteur du croisement Ngoundiane, dans le village de Séwékhaye. Lequel marché, depuis 2010, est devenu le point de ralliement des fidèles en période de Tabaski. Lieu de prédilection de la vente de bétail lors des grandes fêtes musulmanes, Séwékhaye, com­me à l’accoutumée, replonge dans cette traditionnelle routine de veille de Tabaski. Ils sont en­core là, très nombreux, les clients, ces braves pères et mères de famille, anxieux, angoissés, dans un tohu-bohu indescriptible, à la recherche, presqu’incertaine, du mouton de Tabaski. Ce, dans le seul souci de ne pas décevoir la progéniture.

Acheteurs déboussolés

Face à des vendeurs qui semblent avoir une pierre à la place du cœur, à la poussière soulevée par les troupeaux de moutons et mêlée  aux excréments, aux bruits des camions débarquant le bétail et à la cherté des prix proposés, les acheteurs ne tiennent plus sur les pieds, complètement dans l’affolement des veilles de fête, de faire des pieds et des mains pour arriver à leurs fins. Elle est là, la masse de clients qui tourne en rond inutilement toute la journée, respire l’air crasseux, tousse, se faufile entre les bêtes, mais hélas, ne trouve pas son compte.   «Les moutons sont extrêmement chers. L’année dernière, c’était cher, mais cette année est encore pire, car un mouton de la taille de celui que j’avais acheté à 70 mille francs Cfa, cette année, il est proposé entre 130 mille et 140 mille francs Cfa», s’étrangle presqu’un client, les sandales éclaboussées d’excréments d’animaux. La quarantaine révolue, avec une corpulence moyenne, Birame Sène, un marchand ambulant, n’arrête pas de fulminer.  Comme lui, la plupart des clients croisés au foirail de Séwékhaye râlent dès qu’on avance un chiffre. «Je suis venu en compagnie de ma sœur pour acheter trois moutons à 75 mille francs Cfa l’unité, soit un total de 225 mille francs Cfa. Je suis là depuis deux heures à faire le tour des lieux. Mais je n’arrive pas à avoir un mouton convenable, à portée de ma bourse», râle Gorgui Ndiaye. A l’image de ce jeune homme, la dame Coumba Ndiaye, ménagère, vit la même crainte de rentrer bredouille. «D’habitude, ici, il y avait des moutons pour tous les portefeuilles. Mais cette année, les plus petits moutons coûtent dans les 70 mille francs Cfa. Franchement, je n’ai pas cette somme en poche», lance-t-elle.
 

«Il n’y aura pas de pénurie»
 

Si toutefois, chaque année, plus de 130 mille têtes de mouton étaient écoulées pour toutes les bourses, cette année, nous confie le président des éleveurs de Séwékhaye, Djiby Bâ, «les prix ne varient qu’entre 70 mille et 100 mille francs Cfa. Il y a une différence entre l’année dernière et cette année. La vie est chère et les taxes sont multiples». Interpellé sur une probable pénurie de moutons, Djiby Bâ qui se veut bref et précis de rassurer : «Il n’y aura pas de pénurie de moutons cette année.» Cependant, le président des éleveurs de Séwékhaye ne manque pas de s’offusquer du douloureux et épineux problème de l’insécurité accentué par le vol de bétail et l’électrification du foirail de Séwékhaye. «Il y a un sérieux problème d’insécurité lié surtout au phénomène du vol de bétail au niveau de ce point de débarquement. Le foirail n’est pas électrifié et il n’y a pas d’eau alors qu’il se trouve être le numéro 1 au Sénégal. Tout le monde vient s’approvisionner ici pour les besoins de la Tabaski. C’est tout ce qui nous inquiète. Mais pas une probable pénurie de moutons», dit-il d’un ton ferme.

 

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