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Procès Gbagbo à la CPI: audition du premier témoin à charge


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 4 Février 2016 || 23 Partages

À La Haye, le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé passe à la présentation des éléments de preuve de l'accusation. L'ancien président de Côte d'Ivoire et l'ancien leader des jeunes patriotes sont accusés de crimes contre l'humanité, commis après l'élection de 2010. Et après l'introduction par la procureure et les répliques de la défense, le premier témoin à charge était auditionné par la Cour ce mercredi.

À La Haye, il aura fallu appliquer des mesures bien rigoureuses pour faire comparaître ce témoin, que l'accusation présente comme un élément clé du dossier. Le substitut du procureur, le juge Eric Mc Donald, a longuement insisté en début d'audience sur les conditions de cette déposition : la Cour passe à huis clos lorsqu'il s'agit de décliner l'identité du témoin ou lorsque le témoin veut donner des informations qui risquent de dévoiler son identité ; le témoin a un pseudonyme et on le désigne par le numéro 547 ; la Cour a flouté son visage et déformé sa voix, afin que l'on ne puisse pas le reconnaître.

Des mesures « draconiennes » selon les mots d'Eric Mc Donald, pour assurer la sécurité du témoin et le rassurer. L'audience est donc, par moments, interrompue afin de présenter des informations strictement confidentielles.

Un contexte post-électoral incertain

Ce témoin s'exprime en dioula. Il se décrit comme un simple membre du RDR, le Rassemblement des républicains. Il était, au moment des faits, chauffeur. Le témoin décrit un contexte post-électoral incertain : « Les informations n'étaient plus accessibles, sur les chaînes internationales, dit-il, nous attendions les résultats en vain. »

Le témoin évoque l'annonce d'un couvre-feu. Et cet appel, lancé par Guillaume Soro, sur la radio des Nations unies, à « se rendre le 16 décembre 2010 au siège de la RTI (Radio-Télévision ivoirienne), les mains nues, afin de montrer à Laurent Gbagbo que nous avons voté Alassane Ouattara ». « Nous avions pensé que cela pourrait le ramener à la raison, commente le témoin, qui assure s'être rendue sur place,sans fusil, sans grigri, ni arme blanche ».

En chemin, il tombe sur un barrage gardé par de jeunes hommes armés de fusils et de machettes, qui ont lancé des lacrymogènes et tiré sur la foule. « Ils portaient l'uniforme des gendarmes commando avec un béret, rapporte-t-il. Et celui qui était derrière moi m'a donné une gifle. Aujourd'hui encore, je n'entends plus. Ils lui ont donné des instructions pour qu'ils me frappent à mort. Ils ont continué à me frapper jusqu'à ce que je tombe à terre. »

Le témoin numéro 547 raconte avoir été grièvement blessé à la jambe et soigné par des éléments de la Croix-Rouge qui l'ont emmené dans un hôpital où il est resté quelques jours. À travers ses questions, la représentante légale des victimes a insisté sur les séquelles laissées par cette agression.

rfi.fr


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