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Procès Habré: "Si les victimes avaient décidé d'arrêter le procés, on l'aurait arrêté", déclare un ancien de Human Rights watch


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 22 Septembre 2015 || 18 Partages

Après Tobin Tanaka, c’est autour d’Olivier Bercault de comparaître devant la Cour des Chambres africaines extraordinaires (CAE) en qualité de témoin. En effet, cet avocat de formation a coécrit un ouvrage dénommé « La Plaine des morts » avec Reed Brody de Human Rights Watch dans lequel il retrace l’histoire de la répression au Tchad durant le règne le Hussein Habré, de 1982 à 1990. A l’en croire, c’est après avoir procédé à l’audition de plus de 300 victimes et témoins directs et exploité des documents issus des archives de la Dds qu’il est parvenu à avoir des informations sur les exactions qui se sont produites durant cette période, allant des relations entre la Dds et Habré, de « l’épuration ethnique », des crimes massifs, des cas de viol aux captures des opposants politiques .

A en croire cet ancien membre de Human Rights Watch, l’ancien Président du Tchad avait, d’après les documents exploités, une emprise sur la Dds du fait que le directeur de la structure « voyait Habré au moins une fois par jour », fait-il savoir, au cours des échanges avec les conseils de la partie civile avant d’affirmer que l’ancien chef d’Etat du Tchad était le bras armé de la répression, suffisant pour écarter la thèse selon laquelle ce dernier n’a jamais été au courant des actes de barbarie que l’on attribuerait à l’accès de zèle des agents de la Dds.

Pour ce qui est du nombre de morts durant le règne de Habré, M. Bercault qui a eu à travailler sur la guerre au Darfour et en Afghanistan est convaincu qu' « on ne saura jamais le nombre exact de victimes » avant d’avouer: « personnellement, je trouve qu’il y en a plus ».

Et concernant le fait qu’il soit accusé d’être un marchand d’illusions et que le procès de l’ancien homme fort de N'Djamena serait piloté par Human Rights Watch, ce militant des droits de l’homme qui fait des recherches sur le Tchad depuis une quinzaine d’années dégage en touche en faisant savoir : « Si les victimes décidaient d’arrêter, on aurait tout arrêté, mais ce sont elles qui veulent que le procès ait lieu ». Poursuivant, il ajoute : « nous sommes au service des victimes ».

Mariama Kobar Saleh

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