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Procès de Habré : l’horreur racontée par les témoins


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 6 Octobre 2015 || 10 Partages

Procès de Habré : l’horreur racontée par les témoins
Awada Guéderké Ali a comparu devant la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae) en qualité de témoin. Cet ancien sergent chef au 5ème bataillon de l’armée nationale, détaché à la douane, dit avoir été arrêté en septembre 1989 par des agents de la Dds. On lui reprochait d’être de mèche avec la rébellion de Maldoum Bada. « J’avais un enfant qui était tombé malade, je l’ai emmené à l’hôpital et j’ai passé la nuit là-bas. Le lendemain, j’ai rejoint le camp et des gens sont venus me prendre, ils m’ont attaché et bastonné avant de m’emmener au niveau de la Dds », renseigne M. Awada qui dit être maintenant civil. Poursuivant, il soutiendra : « Après m’avoir mis à la disposition de la Dds, ils m’ont dit que le fait que j’avais pas passé la nuit, cela signifiait que j’avais une relation avec Maldoum et on m’a soumis à toutes sortes de tortures, j’en garde toujours les séquelles ». Pour ce qui est des tortures, cet ancien militaire de 62 ans indique en avoir reçu de toutes les sortes dans une cellule en forme de trou où il a passé 45 jours avant d’être mis dans une autre où il a passé le reste de son séjour carcéral qui a duré 3 mois. Selon lui, les aliments qu’ils mangeaient étaient éparpillés à même le sol et l’eau versée et c’est dans ces conditions qu’ils mangeaient et buvaient et il y avait tout le temps des détenus qui mourraient et d’autres qui pourrissaient dans les cellules. Il dit être convaincu que s’il a été arrêté, c’est parce qu’il appartenait à l’ethnie Hadjaraï. 

Après la déposition de M Awada, place à Doungous Badi de faire face aux Cae. Cultivateur de son état, il est lui aussi revenu sur les horreurs qu’il a vécues en deux ans de détention. Selon lui, un jour, il était allé rendre visite à sa tante maternelle et c’est là-bas qu’un agent est venu lui demander de répondre à Abass Abu Guilhem. De là, il est conduit au niveau de la Bsir (Brigade spéciale d’intervention rapide). Ensuite, il est emmené, ligoté, à la présidence de la République où il a été entendu devant Habré. Au retour à la Bsir, Bidon, qui l’avait accompagné, avait remis un papier au responsable de la structure et c’est là que les tortures ont commencé vu qu’il était accusé à tort d’être un recruteur de rebelles. « Arrivé là-bas, j’étais encerclé par des militaires et Bidon (Mahamat Saker), lui-même, m’a demandé de dire la vérité, je lui ai répondu que je ne savais rien et il a pris une chicotte et il m‘a donné des coups avec. Ensuite, Djibrine (Mahamat) et les autres sont venus me prendre pour me frapper. J’ai même eu une infection au niveau des testicules à cause d’un coup que j’ai reçu. Après cela, ils m’ont jeté dans un caniveau où j’ai trouvé 14 personnes. Les gens mourraient et, comme j’étais mourant, ils m’ont pris avec les cadavres pour nous mettre dans un trou qu’ils ont creusé sur la route de la Présidence. Quand ils se sont rendus compte que j’étais vivant, ils m’ont fait sortir avant d’enterrer les autres », narre ce cultivateur qui ajoute qu’après avoir pris des médicaments durant 5 jours, il a commencé à avoir des forces et les tortures ont repris et ils voulaient qu’il avoue qu’il était chargé de recruter des Tchadiens pour les emmener dans la rébellion. « Ils m’ont dit que si je n’avouais pas, ils allaient me tuer. Ils ont mis une pointe de sorte à avoir un trou dans une partie de mon corps, ils y ont introduit un fil qu’ils ont attaché à une chaise, c’était atroce », indique-t-il avant de dire qu’il traîne toujours les séquelles de ces atrocités qu’il a eu à vivre. 

avec leral

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