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Quand les scooters agressent à vitesse réelle : témoignages poignants de victimes


A Dakar, il ne se passe plus un jour sans que des personnes ne soient violemment agressées par des scootéristes. A bord de leurs engins très rapides, ils sont souvent deux, à la recherche de victimes. Assez souvent, c’est avec violence qu’ils s’en prennent à d’honnêtes citoyens qui ont le seul tort de porter par devers eux téléphones portables, cheveux naturels ou ordinateurs. Certains sont poignardés, d’autres roulés sur plusieurs mètres. Le pire, des victimes passent de vie à trépas. Actunet est parti à la rencontre de victimes qui demandent des mesures draconiennes pour lutter contre ses vagabonds qui font la loi sur les routes de la capitale.

Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 15 Février 2016 || 326 Partages

Quand les scooters agressent à vitesse réelle : témoignages poignants de victimes

A l’heure actuelle, il est très difficile de se fier aux conducteurs des scooters. S’il est vrai que plusieurs d’entre eux sont d’honnêtes citoyens, des pères et ou soutiens de famille qui vaquent à leurs occupations, à la recherche de la dépense quotidienne, ce n’est le cas pour d’autres. En effet, nombre de jeunes préfèrent utiliser ces machines qui sont très rapides pour voler. En dehors du conducteur qui maîtrise bien l’engin, il y a toujours un second, assis derrière, qui est en réalité celui qui arrache, celui qui dégaine, celui qui donne le coup de poignard ou de machette qui est le plus souvent fatal.

Les marques des scooters utilisés pour commettre ces forfaits sont variés : Liberty, Runner, Tmax… Des machines qui atteignent les cent kilomètres à l’heure en quelques secondes.

Et, malgré les opérations coup de poing effectuées par la police où des centaines de scooters sont immobilisés ou mis en fourrière, chaque jour, chaque heure et chaque minute, tout le monde a l’impression que le nombre de ces machines augmente à une vitesse vertigineuse. Pourtant, au-delà des contrôles de routine, il faudrait aller plus loin en fouillant sous la selle de la machine. En effet, comme soufflé par un homme en tenue, «il est arrivé que l’on trouve du chanvre indien, armes blanches et autres.» Ce qui renseigne que plusieurs scootéristes peuvent bel et bien être des convoyeurs au service de trafiquants, au-delà du fait qu’ils soient de véritables agresseurs.

Bleu, noir ou jaune, il est temps de prendre des mesures pour réglementer ce circuit du transport, qui cause également de nombreux accidents. Faites un tour à l’hôpital général de Grand-Yoff et l’on aura une idée claire du nombre de victimes. Mais, dans tous les cas, les autres victimes, ceux-là qui sont agressés en appellent aux autorités avec des témoignages poignants pour avoir été agressés avec des…poignards.

Mami, Sacré-Cœur 3 : «On m’a giflé avant de prendre mon téléphone IPhone»

Jeune fille habitant au quartier de Sacré-Cœur 3, Mami a été agressé par deux jeunes qui étaient bord d’un scooter. «C’était le 24 décembre 2015. Je marchais vers la boulangerie jaune en parlant au téléphone avec une copine. Je ne me suis pas rendu compte qu’il y avait des gens qui roulaient derrière moi. Subitement, j’ai reçu une gifle qui m’a mis à terre. Ils ont pris le téléphone avant d’accélérer à fond. J’avais beau crier, pleurer, mais, ils avaient réussi à prendre la fuite. Ce n’est qu’après que les gens sont venus, mais c’était trop tard. Le surlendemain, je suis allée au commissariat de Dieuppeul où j’avais déposé une plainte. Jusqu’à présent, aucune nouvelle. En plus, je suis restée plusieurs jours avec une douleur atroce. Je prie Dieu pour ces jeunes-là soient mis hors d’état de nuire.»

Amdy Diop : «J’ai passé trois jours à l’hôpital…»

«J’ai passé trois jours à l’hôpital après avoir été blessé au bras. Je portais un sac quand deux jeunes sont tombés sur moi. L’un a dégainé et m’a frappé au bras. J’ai crié avant qu’il ne charge à nouveau. Ils ont pris le sac et sont partis à bord de leur scooter. C’était vers 18 heures sur les deux voies de Liberté 6, un peu avant le Samu municipal. J’avais cru que j’étais mort parce que j’avais perdu beaucoup de sang. Heureusement que je m’en suis sorti après avoir passé trois jours à l’hôpital. Depuis, je ne porte plus de sac.»

Astou, gérante d’une agence ‘’Wari – Joni-Joni’’ : «Un samedi vers 13 heures, deux jeunes se sont arrêtés devant mon agence située à la Sicap Baobab. Ils étaient à bord d’un scooter. L’un d’eux est entré, bien habillé avant de dégainer son poignard. Il m’a pris la main et menaçant de me faire la fête. Il a violenté avant de prendre de l’argent de la caisse. J’ai même été blessé au niveau du coup où il avait mis son poignard. Ils ont pris de l’argent avant de disparaître avec leur scooter. J’ai porté plainte et je suis certaine qu’ils seront arrêtés un jour.»

Pape Makhtar Camara : «Ils ont tué mon ami»

«Mon ami, mon meilleur ami a été tué par des scootéristes. Ils l’ont sauvagement poignardé avant de prendre son sac qui contenait un ordinateur. C’était un matin au moment où il allait au travail. Il a quitté chez lui aux Hlm Grand-Yoff ne sachant pas qu’il n’allait jamais revoir sa famille. Donc, que les forces de l’ordre mettent de l’ordre dans tout cela en fouillant ceux qu’ils arrêtent lors de leurs contrôles.»

Mme Diouf : «Ceux qui m’ont agressé sont plus costauds que Balla Gaye II»

«Comme presque chaque soir, avant de rentrer chez à la Sicap Foire, je passe chez ma grande-sœur qui habite à la cité Cse. Un soir, peu avant 20 heures, je rentrais quand deux gars plus costauds que Balla Gaye II m’ont arrêté. L’un a mis son poignard au niveau de ma gorge, m’a insulté de mère en me disant qu’il allait faire ce qu’il devait si jamais je criais. Il faisait un peu sombre. Ils m’ont pris mon téléphone, mon sac et tous mes bijoux avant de disparaître à bord de leur scooter. Jusqu’au lendemain, il y avait des traces rouges sur ma gorge. Même après avoir été chez moi, je continuais de trembler comme une feuille en me disant que j’avais presque rejoint le cimetière de Yoff.»

C’est dire que la liste est loin d’être exhaustive. Dans tous les cas, les forces de police et de gendarmerie font des pieds et des mains pour mettre la main sur ces bandits. Beaucoup ont été arrêtés, mis en garde à vue, déférés au Parquet, jugés et condamnés. Dans les commissariats et brigades de gendarmerie ou nous nous sommes rendus, ce sont les mêmes mots qui reviennent : «Nous faisons notre possible pour la sécurité des biens et des personnes. On ne peut tous les arrêter en même temps, mais le maximum est fait.» Non sans demander le soutien des populations pour dénoncer certains vagabonds, qui sont dans les quartiers.

Actusen


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