Menu
DakarFlash
DakarFlash.com

Raz-de-marée dans la Langue de Barbarie : Le maire de Saint-Louis au chevet des sinistrés sans apporter de solutions


C’est vers les coups de 18h que le maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, s’est rendu à l’école Dodds du quartier Santhiaba de la langue de Barbarie, pour apporter son soutien aux populations victimes des derniers raz-de-marée enregistrés dans cette partie de la commune de Saint-Louis.

Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 20 Août 2017 || 263 partages || 0 commentaires

 
Mansour Faye, accompagné d’une forte délégation, a remis à 73 familles sinistrées relogées dans cette école primaire et qui sont présentement dans le désarroi, des denrées alimentaires composées de riz, d’huile, de sucre et autres produits désinfectants. Par la même occasion, l’édile de Saint-Louis a remis aux sinistrés un appui financier non négligeable en attendant l’arrivée des secours de l’état. Ainsi, chaque famille sinistrée s’est retrouvée avec une enveloppe de 50.000 F. 

Après avoir constaté de visu ces dégâts causés par l’avancée de la mer, le premier magistrat de la ville tricentenaire a rassuré les populations de Guet-Ndar, Santhiaba et Gokhou-Mbathie, en leur faisant comprendre qu’il va tout mettre en œuvre pour améliorer leur cadre de vie. Cependant,  le problème est de savoir s’il les a réellement convaincues ? 

Mansour Faye a encore déclaré  qu’il n’y a pas de solutions immédiates et que l’Etat est en train d’accélérer les études pour pouvoir démarrer les travaux d’endiguement et de la  protection du littoral. 

Cette même annonce qui revient dans les différents discours de Mansour Faye et ne semble prospère plus, d’autant plus que nos braves concitoyens de la langue de barbarie, affaiblis et torturés par ces catastrophes naturelles, assistent impuissants aux conséquences désastreuses engendrées par le mouvement des vagues. Ce discours politique ne permet plus de tenir en haleine ces braves pêcheurs qui ne savent plus comment faire face à ces vagues qui continuent de dicter leur loi dans les différents quartiers de la Langue de Barbarie. Ils n’attendent plus ces mesures d’urgence que les autorités municipales leur ont toujours promises. 

  Il faut que le maire arrête de nous divertir, déclare un père de famille interrogé dans l’enceinte de cette école, « cette chanson du maire est connue de tous, et consiste toujours à faire savoir à tout le monde que l’entreprise adjudicataire des travaux a déjà installé sa base de vie dans la Langue de Barbarie. » Ce sexagénaire a laissé entendre que cette information est erronée, « elle n’est pas exacte, elle est même, à la limite, absurde. » 

Selon ce vieux pêcheur, aucune étude d’avant-projet ne peut durer plus de trois ans, « il faut qu’ils arrêtent de nous prendre pour des demeurés, des personnes incultes, qui n’ont aucune idée exacte des travaux de ce genre. » 

Poursuivant, nos interlocuteurs nous font comprendre que le quartier de Thiawlène, dans la commune de Rufisque, était dans la même situation que Guet-Ndar, «  mais l’Etat a pris le taureau par les cornes et a résolu le problème en tenant compte des préoccupations des populations sans essayer de tromper leur vigilance. » 

Très remontées contre les autorités administratives et municipales, les populations de Guet-Ndar, un vieux quartier de pêcheurs de Saint-Louis, ont déclaré que  « le maire de Saint-Louis a lamentablement échoué dans sa mission de protection de ses administrés contre l’avancée de la mer, car cette unique chance qu’il avait pour entrer dans les annales de l’histoire des maires de notre pays, il l’a ratée. » 

De l’avis de ces victimes de la furie des vagues,  Mansour Faye devait tout simplement convaincre le chef de l’Etat à investir cet argent (1 milliard, 300 millions cfa et les 775 millions représentant le coût des 461 moteurs hors-bords) destiné aux 629 familles de pêcheurs rapatriées de la Mauritanie,  dans les travaux de protection du littoral de la Langue de Barbarie. 


Selon eux, les pouvoirs publics se sont fourvoyés au départ, sachant pertinemment que ces travaux d’installation des brise-lames ont toujours constitué la première priorité. Autrement dit,  l’urgence n’était pas de remettre de l’argent individuellement à ces familles rapatriées, « tout le monde a compris que ce geste avait une visée et une portée purement politiques ». Le drame est que ce scrutin législatif est derrière nous et le problème crucial de l’avancée de la mer demeure entier. 

Après avoir visité les zones touchées par ces vagues qui ont détruit un pan entier du mur de protection de la Langue de Barbarie construit depuis l’époque coloniale, le maire Mansour Faye n’a pas manqué de réitérer l’engagement indéfectible de la municipalité à tout mettre en œuvre pour  assister les familles sinistrées et les reloger dans des zones plus viables.
 

Dakarflash6



Nouveau commentaire :