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Rocky Balboa : «Je suis en règle et dans mes droits!»


Papis Koné allias Rocky Balboa prépare son combat contre l'actuel roi des arènes, Bombardier, malgré la décision du Comité national de gestion de la lutte (Cng) de s'opposer à cette affiche ficelée par le promoteur Mansour Aw.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 11 Novembre 2015 || 21 Partages

Rocky Balboa : «Je suis en règle et dans mes droits!»

D’ailleurs, il compte rentrer en Suisse les jours à venir pour mieux préparer ce duel qui, d’après lui, est très important pour la suite de sa carrière. En fait, si Rocky Balboa est très relaxe, c’est parce qu’il espère un dénouement heureux par rapport à la situation. Selon lui, en effet, il est ni un imposteur, ni un illustre inconnu. Papis Koné dit aussi être en règle avec le Cng et qu’il est dans ses droits d’affronter Bombardier.

Le Cng a campé sur sa position d’interdire votre combat contre Bombardier. Quel est votre sentiment après cette annonce ?
« C’est un sentiment de déception. Je suis un lutteur qui évolue en Suisse. La preuve, si vous faites une recherche sur internet, vous allez avoir tous les renseignements sur moi. Mais je précise, il faut écrire « Papis Koné lutteur suisse » et non Rocky Balboa. Là, vous aurez toutes les images et vidéos de mes combats. Je suis basé à Genève et je m’entraîne dans une école de lutte. Dans le passé, chaque dimanche, je disputais 6 combats. Alex Claudio m’avait remarqué lors de ces grandes compétitions. Actuellement d’ailleurs, il est mon entraîneur. Donc ce refus du Cng me surprend. Le nom de Papis Koné est très célèbre à Genève. C’est tardivement que j’ai pris le surnom de Rocky Balboa. Les relations que j’ai en Suisse et en Europe, aucun lutteur dans l’arène ne l’a. J’ai mon public à l’extérieur et peux draîner une foule lors de ce combat. »

Le Cng a donné les raisons qui l’ont poussé à refuser ce combat. Il dit que vous n’êtes pas connu au bataillon, ni en lutte avec frappe sénégalaise, ni en lutte internationale. Ets-ce vrai ?
« Vous savez, la lutte suisse s’arrête en Suisse. Je fais de la lutte gréco-romaine pour renforcer ma technique en lutte suisse que je pratique depuis mes débuts. Je me forge aussi en lutte olympique grâce à de grands techniciens en Europe. Cela dit, je sais qu’aujourd’hui au Sénégal, j’ai marqué les esprits. La preuve, actuellement, tout le monde parle de Rocky Balboa. J’en rends grâce à Dieu. Je suis un Sénégalais et je suis fier de l’être. Je suis un sportif par ailleurs, plus particulièrement un lutteur et les preuves sont dans le net. »

Le promoteur Mansour Aw doit apporter des vidéos qui prouvent que vous avez une fois noué votre « Ngimb », pour que le comité revoit sa position. Où en êtes-vous dans les recherches ?
« Non ! Tout cela ne regarde que le promoteur et le Cng. De mon côté, je m’apprête à quitter le pays pour aller préparer mon combat. J’ai déjà dépensé l’argent du promoteur et je ne peux le rembourser qu’en luttant pour lui. Mais je précise, pas avec n’importe quel lutteur. Je ne peux qu’affronter Bombardier. Vous savez, à l’époque, un lutteur avait croisé Manga 2 sans avoir fait ses preuves dans l’arène. Juan est venu au Sénégal livrer des combats. Mouhamed Ndao Tyson est passé par là, de même que Yékini. Je ne peux pas comprendre qu’un espagnol puisse lutter avec nos champions sans aucun problème alors que moi je ne le peux pas. Juan n’avait même pas une licence contrairement à moi. Je suis un fils du pays et je suis en règle avec le Cng. Le promoteur m’a choisi personnellement et m’a donné une avance. Bombardier m’a accepté comme adversaire et le Cng m’a livré une licence. Je ne vois pas alors où se trouve le problème. Qu’on me dise pourquoi je ne peux pas lutter ? Encore une fois, le président Alioune Sarr est mon père et je le respecte beaucoup. Je sais aussi que le comité est là pour gérer les affaires de l’arène. Mais il faut que les gens comprennent que seul le Sénégal va gagner dans ce combat. Car nous allons vendre notre culture à l’extérieur.  Une chose est claire, je vais retourner en Suisse pour préparer mon combat. J’espère alors que nous allons trouver un terrain d’entente d’ici là. »

Si le Cng campe sur sa position, qu’allez-vous faire ?
« Je l’ai dit tantôt, j’ai déjà pris mon avance. J’ai signé un contrat pour lutter contre Bombardier. Je ne peux me séparer du promoteur qu’en livrant ce duel. Tout ce qui touche maintenant aux problèmes du Cng ne concerne que le promoteur. Vous avez trouvé Mansour Aw chez moi. J’ai longtemps discuté avec lui en tête-à-tête. Je lui ai dit que j’ai dépensé mon argent. Je souhaite d’ailleurs que tout se passe comme il veut car c’est une personne qui a beaucoup d’ambitions pour le Sénégal. De mon côté, je vais respecter mon contrat. Je suis en période de préparation et j’attends le grand jour. »

Etes-vous prêt à prendre un adversaire de calibre moyen, histoire de faire vos preuves, si le promoteur et le Cng ne trouvent pas un terrain d’entente ?
« Vous savez, quand on m’a délivré ma licence, on ne m’a pas souligné que je devais faire mes preuves dans l’arène avant de croiser un ténor. On ne m’a pas demandé également de choisir une catégorie. Je pense que nous sommes dans un pays de droit. Le président Macky Sall prône la rupture et personne n’est au-dessus de la loi. Le Cng est là pour diriger la lutte sénégalaise. Et je trouve que je suis dans mes droits. Je suis en règle et je peux le prouver. J’ai ma licence, mon écurie et je suis un lutteur reconnu. Donc, selon les textes qui régissent le règlement du Cng, je peux disputer une affiche. Je peux lutter dans n’importe quel pays de ce monde. En Suisse, le roi gagne des milliards et pourtant, dans une journée, il peut rencontrer plusieurs lutteurs. Cela se passe sous forme de tournoi et les vainqueurs se rencontrent en finale. Concernant ma carrière ici au Sénégal, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas affronter Bombardier. »

Pourquoi refusez-vous de faire vos preuves vu que vous avez confiance en vos qualités techniques et physiques ; ou aimez-vous trop la facilité comme pensent certains ?
« Je ne connais pas la facilité. J’ai été toujours un battant. Je suis le cadet de ma famille et j’ai commencé à travailler à l’âge de 15 ans pour soutenir ma mère. Cette dernière était très riche et a soutenu beaucoup de personnes. Presque toutes les anciennes gloires mangeaient chez nous. Aujourd’hui d’ailleurs, j’ai beaucoup d’oncles dans l’arène. Pour revenir à ma famille, en un moment, nous avons vécu des périodes difficiles. Je me suis battu alors pour aider ma mère. Je n’ai jamais aimé la facilité dans ma vie. J’ai toujours cru en moi. Même en Suisse, j’ai ma propre salle de musculation. Je m’entraîne mais je travaille aussi. Je crois en moi ! La preuve, j’avais dit à mon entraîneur qu’un jour je serai parmi les meilleurs de ma génération. »  

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes un imposteur ?
(Il sort ses articles sur le net). Tout cela est faux. Je suis visible partout dans le net. Il suffit de cliquer mon nom (Papis Koné) pour avoir tous les éléments. Vous savez, je suis désolé et dépité. D’ailleurs, un photographe et un ami sont en train de chercher les archives de mes combats en Europe. Je suis un lutteur connu en Suisse. Mon entraîneur fait partie des meilleurs. Mais libre à chacun de penser ce qu’il veut. L’essentiel est qu’aujourd’hui, je suis sous contrat. Je me concentre sur mon combat contre Bombardier. »

Cela veut dire qu’il pleuve ou qu’il neige vous allez lutter contre Bombardier ?
 « Non, je n’ai pas dit cela. Je ne veux pas que le promoteur ait des problèmes à cause de moi. Je prie que tout se règle entre temps entre le Cng et Mansour Aw. »

Vous dites que vous avez disputé plusieurs combats.  Quel est votre palmarès en Suisse ?
« J’ai livré plus de 50 combats en lutte suisse. Chaque dimanche, je disputais 6 combats et les images sont là dans mon téléphone. Ce n’est pas facile du tout ! C’est d’ailleurs à travers mes prestations qu’un expert en lutte, Alex Claudio, m’a remarqué. 
Il m’a formé pendant des années pour que je puisse affronter les lutteurs de l’arène. Mon entraîneur veut que je sois parmi les meilleurs. En fait, d’après lui, tant que Bombardier ne m’a pas battu, il n’est pas un champion. Je pense que le Cng veut protéger Bombardier d’une éventuelle défaite.
Peut-être qu’il pense que le battre sera une humiliation pour la lutte sénégalaise. Mais je suis un Sénégalais et la victoire ne sortira pas de ce pays. Vous savez, quand j’ai commencé la lutte en Europe, mon rêve était de détrôner Yakhya Diop Yékini. Tout cela pour vous dire que j’ai longtemps suivi les lutteurs. J’aime le Sénégal cependant, et je veux participer à son développement. Ce n’est pas pour rien que la fédération française de lutte olympique m’avait confié ses jeunes lutteurs lors du tournoi de la Cedeao. Je les ai amenés au Sénégal avec mes propres moyens juste pour soutenir mon pays. Le président Alioune Sarr était très heureux de me voir au stade avec les lutteurs français. »

La règle dans l’arène est « qui bat le roi devient roi ». Aujourd’hui, si vous remportez la victoire devant Bombardier vous allez devenir forcément le « roi des arènes ». Mais avec un palmarès d’un combat, une victoire, comment comptez-vous régner ?
« Vous savez, le titre de roi des arènes ne m’intéresse pas ! Je n’en veux pas. Ce n’est pas une question de mérite ou autre. Mais c’est juste que ce n’est pas ce qui me motive à vouloir affronter Bombardier. 
Je suis un homme de défi, et pas plus. »

Il paraît que Mansour Aw vous a choisi parce que vous lui avez promis des sponsors. Ets-ce vrai ?
« C’est faux ! Mansour Aw m’a dit qu’il m’a longtemps suivi. Il m’a choisi parce qu’il a ses raisons. Et cela n’a pas été facile pour lui. Il faut accepter que c’est le promoteur qui choisit ses lutteurs. J’ai des sponsors, mais cela n’a rien à avoir avec Mansour Aw. Je le répète, le Cng a le droit d’interdire ce combat mais de mon côté j’ai rempli toutes les conditions. Je suis un Sénégalais. Je ne suis ni un vendeur de drogue, ni un voleur. Que tout cela reste alors dans le cadre du sport. Bombardier n’a pas refusé de m’affronter, où est le problème alors ? Le promoteur m’a choisi parce qu’il a confiance en moi. Nombreux sont les lutteurs dans l’arène, et pourtant il a fait appel à mes services. J’ai reçu mon cachet, qu’on me laisse alors lutter. J’ai ma licence et je suis en règle au niveau du Cng. J’aime la lutte et je crois fort que je peux être parmi les meilleurs de l’arène. Les amateurs veulent ce combat de même que le promoteur. Vous savez, je n’ai rien demandé. Ce n’est pas de ma faute si je suis la cible des promoteurs. La preuve, Aziz Ndiaye a essayé de démarcher mon combat contre Balla Gaye 2 lorsqu’il était « roi des arènes ». Je ne suis pas tombé d’accord avec lui sur le cachet, raison pour laquelle le choc n’a pas eu lieu. Un autre promoteur dont je ne veux pas citer son nom m’avait proposé un combat contre Bombardier avant que Mansour Aw n’obtienne l’affiche. Les match-maker me cherchent, parce que je réponds à leurs critères surement. Je n’ai défié publiquement que Bombardier car un promoteur français voulait organiser notre duel. C’était la défunte saison, et il était en train d’hésiter entre Modou Lô et moi. Cette saison, Mansour Aw a pu décrocher l’affiche et j’en rends grâce à Dieu. J’ai ma licence comme tous les lutteurs et je n’ai rien fait de mal. J’ai espoir alors que tout va se régler car nous sommes dans un pays de droit. »

 

Source : Le Soleil

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