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SÉRIE DE MEURTRES AU SÉNÉGAL : 2016, une année fatidique


L’année 2016 s’en va avec son lot de malheurs. Les Sénégalais se le remémoreront longtemps. Tristement. Cette année a été marquée par des séries de meurtres, les uns plus cruels que les autres. Libération vous replonge dans ces moments douloureux. Gardez vos larmes et priez pour que 2017 soit meilleure !

Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 30 Décembre 2016 || 15 partages || 0 commentaires

SÉRIE DE MEURTRES AU SÉNÉGAL : 2016, une année fatidique
L’année 2016 s’en va. Mais, elle restera à jamais gravée dans les annales les plus sombres de l’histoire du Sénégal. En ce qu’elle a tristement marqué les esprits à cause de séries de meurtres qui ont tenu toute une nation en émoi. 
De nombreux cas ont été notés, les uns plus atroces que les autres. Les mobiles des crimes étaient également des plus absurdes. Pour un oui ou un non, des personnes ont été horriblement tuées. L’autre constat regrettable, c’est que la capitale sénégalaise a été la région la plus touchée. Plus particulièrement dans la banlieue où la sécurité demeure toujours un problème très sérieux malgré la floraison des postes de police. 
Une histoire d’amour entre homo qui vire au drame Mardi 25 octobre 2016. Une journée noire au quartier de Hann Marinas. Un crime passionnel vient de perturber la quiétude des habitants. Un chef d’entreprise chinois du nom de Cheng Ch. Hung a été mortellement abattu par son amant, un Sénégalais, Pape Souleymane Sagna à l’état civil. 
Le drame s’est invité dans ce couple qui vivait en cachette « l’amour interdit » dans un pays à majorité musulmane et où les pratiques homosexuelles sont catégoriquement prohibées. Malgré cela, ils ont pu pendant trois ans entretenir cette relation contre nature. Mais à cause de l’argent, leur amour a viré à la tragédie. 
Tout est parti d’un vol que Pape Souleymane Sagna aurait commis au préjudice du Chinois qui se trouve être chef d’entreprise de commercialisation des produits halieutiques. Le Sénégalais lui au- rait soutiré près de 5 millions de francs Cfa. Mais, le concerné qui n’est pas né de la dernière pluie a très vite découvert le pot aux roses. Il s’est mis dans tous ses états et a ouvert les hostilités en réclamant la restitution de la somme, faute de quoi il porterait plainte contre le sieur Sagna. Ce dernier qui ne voulait pas séjourner dans le trou à rat a décidé de se débarrasser de son amant pour de bon. Il lui a asséné 16 coups de couteaux. Cheng Ch. Hung passe de vie à trépas. Sans déployer de gros efforts.  
Les hommes en bleu ont vite mis la main sur le présumé meurtrier qui, après l’écoulement du délai de la garde-à-vue qui est de 48 heures, a été présenté au parquet. Entendu par le maitre des pour- suites, son dossier a été remis au juge d’instruction qui, après l’avoir entendu, l’a placé sous mandat pour assassinat. Il sera certaine- ment jugé dans les années à venir devant la Chambre criminelle. 

Ibrahima Samb, le taximan froidement abattu par Ousseynou Diop 

Alors que les Sénégalais épiloguaient sur ce cas de meurtre, un autre s’est produit deux jours après. Cette fois-ci, le drame a eu lieu à la station Shell de Yoff. Pour une banale histoire, Ibrahima Samb, chauffeur de taxi, a été froidement abattu, par pistolet, par Ousseynou Diop. 
Les deux hommes se sont rencontrés par hasard sur les lieux pour remplir leur réservoir d’essence. Leurs véhicules se sont touchés. Un petit choc, on peut dire. Mais, le dernier cité qui était à bord de sa rutilante voiture de marque Mercedes n’a pas su digérer cela. Il va se plaindre auprès du taximan. L’incompréhension s’installe entre les deux hommes qui s’échangent des propos aigres doux. Le ton monte, la tension est palpable. Ousseynou Diop bout de rage. Il retourne dans sa voiture pour récupérer son pistolet avant d’abattre le taximan qui s’affale en gisant dans une mare de sang. 
Né en 1982 à Mont Rolland, localité sise dans la région de Thiès, Ibrahima Samb est un fils unique qui, selon ses proches, avait l’intention de se marier le 12 novembre passé. Il aurait même versé la dot auprès de sa belle famille. Hélas. Sa mort avait soulevé l’ire de ses collègues. Ces derniers avaient organisé des manifestations pour réclamer l’exécution du présumé meurtrier qui a été placé sous mandat de dépôt pour assassinat. 
A la fin du mois d’octobre, au autre crime a été perpétré à Cambérène. Yancouba Dramé, jeune étudiant de 25 hivernages, a été tué par un ivrogne du nom de Younouss Ba qui habite dans la même localité. Ce jour là, Yancouba et ses amis discutaient des résultats d’un match de football. Chacun y allait de son propre commentaire. Sans écart de langage. Tout d’un coup, Younouss Ba, ivre comme un polonais, a fait irruption pour tout perturber. Il cible Yancouba Dramé et commence à l’abreuver d’injures. Le jeune étudiant n’a pu digérer les insanités proférées contre sa personne et décide de réagir. Une altercation d’une violence inouïe où tous les coups sont permis s’en est suivie.  
Ils ont été vite séparés. Younouss qui n’en a pas terminé avec son rival est allé récupérer un couteau chez lui. Sur place, il s’est jeté directement sur l’étudiant en lui assénant des coups de couteaux. En effet, les séries de meurtres commencent à inquiéter les populations, soulevant des cris d’indignation. Malgré cela, les meurtres se multiplient. 
Le 06 novembre 2016, la population de Ndioum s’est réveillée dans la tristesse et la consternation. Un meurtre d’une rare barbarie vient d’être commis dans cette localité. Ibrahima Diallo et Moustapha Faye, respectivement pharmacien et gardien, ont été effroyablement tués. Une enquête a été ouverte mais jusqu’à présent, les malfaiteurs qui ont commis cet acte odieux sont dans la nature. 

Assassinat de Fatoumata Matar Ndiaye, indignation nationale 

Le meurtre qui a le plus affecté les Sénégalais est celui de Fatoumata Matar Ndiaye, 5e vice-présidente du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) et responsable politique de l’Alliance pour la République (APR) à Pikine. Elle a été égorgée dans sa chambre par son propre chauffeur du nom de Samba Sow. Son fils qui était venu à sa rescousse en a également pris pour son grade. Violemment poignardé dans la poitrine, il est toujours interné à 
l’hôpital principal de Dakar. 
Ce crime infâme, hideux qui a frisé la barbarie, a été commis le jour du Grand Magal de Touba. Son mobile est financier. Samba Sow a voulu voler l’argent de sa patronne. Mais mal lui en a pris d’au- tant qu’il a été arrêté sur le feu de l’action. Sachant que les carottes étaient déjà cuites pour lui, il a préféré utiliser la violence. 
Le présumé meurtrier qui devait se marier le 26 novembre a été arrêté quelques heures après la commission de son acte ignominie. Dans un premier temps, il a tenté de nier les faits. Pressé de questions par les éléments du commissariat de Pikine, il a fini par passer aux aveux. Ce crime avait consterné toute la République. L’indignation était à son comble. Le procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye a, le même jour, tenu une conférence de presse pour se prononcer sur cette affaire tragique. Il a expliqué que l’enquête a connu des avancées, des constatations et prélèvements effectués, l’arme du crime saisie. 
Toujours dans ses explications, Serigne Bassirou Gueye tape sur la table et affirme que cette affaire ne restera jamais impunie. Car, à son avis, le ministère public s’emploiera à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur parce qu’il s’agit de faits d’une gravité extrême que le code pénal punit en son article 287 de la peine des travaux forcés à perpétuité. 
Selon lui, le juge ment de tels comportements criminels passe nécessairement par l’instruction que la loi rend obligatoire en la matière. Il s’agit simplement de s’entourer de toutes les garanties permettant au juge de la Chambre criminelle de comprendre les faits et de les sanctionner avec toute la rigueur. Samba Sow, déféré au parquet, a été présenté au juge d’instruction qui, à son tour, l’a placé sous mandat de dépôt pour assassinat. 

Le retour de la peine de mort agité 

Ce regain de meurtres a remis au goût du jour le débat sur le retour de la peine de mort. Beaucoup de personnes qui ne pouvaient plus tolérer les séries de violences émaillées par des actes criminels ont pensé que seul le retour à la peine de mort qui a été abolie en 2004 par l’ancien président Abdoulaye Wade pourrait régler les choses. Des députés ont même 
défendu cette thèse. Mais, pour les organisations des droits de l’homme, cela ne saurait régler la situation. Pour elles, les gouvernants devraient trouver des politiques qui régleraient les problèmes auxquels la plupart des jeunes sont confrontés. Lesquels problèmes sont entre autres, le chômage, l’exclusion, la pauvreté et la crise des valeurs. 
Le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, qui a donné son point de vue sur ce débat a dit que la peine de mort n’est plus d’actualité d’autant que cette loi a été abrogée par le Sénégal et on ne peut plus revenir en arrière. 
Le procureur de la République avait battu l’argumentaire selon lequel l’insécurité prévalait au Sénégal. Poursuivant, il avait affirmé avec sureté que le Sénégal est toujours dans la fourchette qui permet de dire qu’on est dans un pays où la sécurité règne. Quoi qu’il en soit, 2016 s’en va avec son lot de malheurs.

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