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Scandale à l’IAAF : Gabriel Dollé charge Lamine Diack


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 27 Juin 2016 || 76 Partages

 

Mis en examen pour corruption passive dans l’enquête sur le scandale de dopage qui secoue le monde de l’athlétisme, le Français Gabriel Dollé, ancien responsable de l’antidopage à l’Iaaf, accuse Lamine Diack, l’ancien président de l’instance, de l’avoir utilisé pour masquer ses magouilles avant de le virer pour couvrir ses arrières et protéger son fils Papa Massata Diack.

 

Le médecin de 75 ans s’est confié au quotidien sportif français L’Équipe dans un entretien paru vendredi 24 juin. Il affirme avoir été pris dans une sorte d’engrenage (« je me sentais coincé »), jouant un rôle actif, central, dans cette affaire où se mêlent sport, argent et politique. Tout est parti d’un concours de circonstances. « Au fil des années est apparue une nette prédominance d’anomalies hématologiques chez les athlètes russes, donc nous les avons ciblés», rembobine Gabriel Dollé (…)

 

À l’origine, des soucis d’argent à l’Iaaf

Au même moment, les finances de l’instance mondiale de l’athlétisme sont au rouge. « On nous a imposé des restrictions budgétaires drastiques. Dans mon département, il fallait fournir les mêmes prestations avec 30 % de budget en moins », se rappelle l’ancien patron de l’antidopage à l’Iaaf. C’est à ce moment précis que Lamine Diack entre en scène. Il lui aurait expliqué « que l’Iaaf avait besoin de sponsors, qu’une négociation avec une banque russe (VTB) était en cours et qu’il y avait un risque de scandale qui compromettrait le sponsoring si (l’instance mondiale) annonçait ces cas de dopage sanguin en cours d’année olympique ». Le médecin français affirme avoir été réticent au départ, mais qu’il finira par accepter de mettre la pédale douce. « Il fallait prendre en considération l’intérêt supérieur de l’institution », justifie-t-il.

 

Ballotté entre Diack et Balakhnichev

Jusque-là, dans le récit de Dollé, il n’est pas question de corruption. « À aucun moment, il n’a été question d’argent ou d’une quelconque contrepartie à mon égard », clame le médecin français, qui se souvient de la tenue d’au moins deux réunions pour « caler » le plan consistant à retarder la publication des cas russes de dopage tout en sauvant les négociations pour le sponsoring. Lamine Diack présidera la première, selon Dollé, avant de passer la main à Habib Cissé, son conseiller juridique, qui « a été chargé de superviser le suivi des cas russes ». Il confie avoir protesté auprès de Lamine Diack et obtenu gain de cause. « Le nécessaire a été fait : aucun athlète n’a participé aux Mondiaux 2013 », jubile-t-il dans les colonnes de L’Équipe. À la fin du premier trimestre de 2014, une rumeur de versement de 450 000 euros (environ 300 millions de francs CFA) de pots de vin circule. Le fils de Lamine Diack, Papa Massata, est cité. Gabriel Dollé confie s’en être ouvert au président de l’Iaaf sans obtenir des réponses claires. «Il n’a pas voulu réagir», avance-t-il. Ce n’est que plus tard, affirme le médecin français, qu’il apprendra que Lamine Diack était lui-même impliqué dans l’affaire, qu’il avait conclu un deal avec les Russes pour financer des élections au Sénégal.

 

Viré avec 91 millions en poche

En septembre 2014, Lamine Diack met fin aux fonctions de Gabriel Dollé à l’Iaaf. L’intéressé raconte qu’en lui annonçant la nouvelle, l’ex-président de l’Iaaf avait à ses côtés Cheikh Thiaré, son chef de cabinet. Début 2015, reconnaît le médecin français, Lamine Diack lui remet 140 000 euros (91,7 millions de francs CFA) en trois versements comme « gratification de fin de parcours ». Auparavant, en juillet 2013, précise-t-il, Papa Massata Diack lui avait remis une enveloppe de 50 000 euros (32,7 millions de francs CFA). Dollé assure avoir déclaré cet argent au fisc. Preuve, suggère-t-il, qu’il n’avait rien à cacher.

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