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Souleymane Ndéné Ndiaye : «Le gouvernement doit arrêter d’intimider l’opposition»


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 22 Décembre 2015 || 17 Partages

Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier ministre du Sénégal, était ce week-end dans la Petite Côte où il a visité les localités de Nguékokh, Mbour et Joal pour présenter son parti, l’Union nationale pour le peuple (Unp), créé en mai dernier. Il a abordé des questions d’actualité, comme l’affaire Diack et la réduction du mandat présidentiel.

 

Révélations de Lamine Diack

«Nous avons tous appris par la presse que Lamine Diack aurait reconnu, au cours d’une comparution devant un juge d’instruction français, avoir financé l’opposition et sommes tous à l’écoute pour de plus amples informations. Ce qui nous permettra de nous faire une opinion sur ce qui s’est réellement passé. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut cerner le problème. Mais je trouve assez scandaleux que de l’argent venant de l’étranger ait pu financer des partis politiques au Sénégal. Ce qui est plus difficile, c’est de tout contrôler. Les Douanes et la Gendarmerie sont sur la route et ça n’empêche pas que des gens introduisent des produits illicites dans notre pays. Donc, l’Etat qui finance des campagnes électorales ne peut pas garantir que des candidats reçoivent de l’argent de l’extérieur. Nous savons que le Code électoral interdit le financement provenant de l’extérieur. Je me demande quel candidat peut jurer ne pas recevoir un financement de l’extérieur. Je crois que chacun de nous doit se baser sur l’éthique et sur les valeurs qui garantissent la paix publique.»

 

Financement des partis politiques

 

«Il y a deux cent cinquante partis politiques au Sénégal et il y a des partis politiques qui n’ont jamais participé à une élection. Il est vrai que l’Etat doit soutenir les partis politiques qui sont des associations ayant pour but la conquête et l’exercice du pouvoir. Mais, il doit être exclu de ce financement des personnes qui créent des partis, juste pour s’aligner derrière le parti au pouvoir, pour avoir des postes de responsabilité. Tout parti politique qui, pendant cinq ans, n’a participé à aucune élection, doit être dissout. Le jeu politique n’est ni un jeu d’enfant ni un jeu de cache-cache. Quelqu’un qui n’a jamais travaillé, qui n’a jamais exercé un métier et qui exerce un métier pour la première fois, parce qu’il est dans une mouvance présidentielle, ce n’est pas sérieux. La loi, de ce point de vue, devrait être revue et corrigée, pour que des gens créent des partis, dans la perspective de la conquête du pouvoir et de son exercice et non pour faire partie d’une coalition au pouvoir et goûter à des prébendes.»

 

Arrestation de Oumar Sarr

«Pour l’arrestation de Oumar Sarr, le gouvernement doit arrêter d’intimider l’opposition, puisque Oumar Sarr n’a fait qu’user de son droit. Oumar Sarr est dans son rôle, étant secrétaire national adjoint  du Pds, le droit de critiquer le gouvernement et le président de la République. La seule limite, c’est la loi et celle-ci lui permet, en tant que responsable d’un parti de l’opposition, de donner son opinion sur les questions d’actualité. Je ne crois pas que ce qu’il a dit puisse être constitutif d’une offense au chef de l’Etat. Je suis de tout cœur avec tous ceux qui se conforment à la loi et, de ce point de vue, je ne crois pas que Oumar Sarr l’a violé en lisant un communiqué du Pds.»

 

Réduction du mandat présidentiel

«Le Président Macky Sall avait pris l’engagement de réduire le mandat pour lequel il allait être élu et de le porter à cinq ans. Pour cela, la Constitution  est claire. J’entends par-ci et par-là, certains juristes qui prétendent que le Président pourrait saisir l’Assemblée nationale pour modifier la disposition de la Constitution qui traite de la durée du mandat du président de la République. Il n’en est rien, car cette disposition est claire, elle ne peut être modifiée que par voie référendaire. Quand la loi est claire, on ne l’interprète pas et d’autres juristes, avant moi, ont dû rappeler cette question de principe. Personne ne peut inventer autre chose  et j’ai entendu un jour, le Président dire qu’il va consulter le Conseil constitutionnel. Cette institution ne lui dira rien d’autre que de se conformer à la Constitution qui prescrit la saisine du peuple par la voie du référendum. Le Président pourrait revenir sur sa décision d’écourter son mandat, parce qu’il a prêté serment devant le Conseil constitutionnel de respecter et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la loi sur la base desquelles il a prêté serment sur la durée du mandat qui est de sept ans.»

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