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Stabilité institutionnelle et Sécurité humaine : la Société civile africaine à Dakar pour s’imprégner des enjeux


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 7 Juin 2016 || 38 Partages

En Afrique de l’Ouest, les problèmes (crises, coups d’état, assassinats, trafic de drogue et des armes) auxquels certains pays sont confrontés sont plus complexes qu’ils n’en paraissent. Et paradoxalement, les connaissances dans ces domaines s’enferment de plus en plus dans une spécialisation souvent éloignée de toute réalité. Pour corriger cette antinomie, les capacités d’une vingtaine de membres de la Société civile issus de neuf (9) pays de l’Afrique de l’Ouest sont renforcées du 6 au 8 juin 2016 à l’Institut de Gorée, dans le cadre d’un atelier de mise à niveau des formateurs.

Ils sont une vingtaine de moniteurs en provenance de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la Guinée Bissau, du Mali, de la République de Guinée, du Sénégal, du Burkina, du Niger et du Bénin, à prendre part, depuis ce lundi, à un atelier qui leur permettra au terme de procéder à une analyse comparative plus approfondie sur la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine en Afrique de l’Ouest. Une suite de la formation qui a été faite en 2015 et qui avait permis aux moniteurs ayant été déployés suite au renforcement de leur capacité de collecter des données sur la base des 104 indicateurs regroupés. Sur la base de ces informations, les données avaient été remontées, puis analysées, traitées et publiées pour l’obtention d’un rapport périodique sur la stabilité institutionnelle et la sécurité humaine dans la Sous-région. L’organisation d’un tel atelier par le Gorée Institute part d’un constat du Directeur exécutif selon lequel depuis plusieurs années, un des points critiques de la démocratie en Afrique demeure les institutions qu’il trouve plus ou moins faibles. D’où l’importance pour Doudou Dia de responsabiliser d’abord les acteurs de la Société civile pour qu’ils aient un  regard beaucoup plus citoyen sur le fonctionnement des institutions d’une part et d’autre part, travailler pour le renforcement des institutions démocratiques. M. Dia veut que le citoyen puisse servir de levier de pression au niveau de nos Etats parce qu’en Afrique, analyse-t-il, le citoyen devient de plus en plus exigeant avec les Etats. « La question de la légitimité de nos leaders se pose de moins en moins. On a de plus en plus des élections ouvertes et démocratiques et la question qui se pose maintenant est celle de l’efficacité de nos institutions ». Ce qui explique, selon lui, la nécessité d’un monitoring régulier sur l’état et le fonctionnement de nos institutions. 
En effet, les deux sessions de ce lundi ont porté sur des échanges entre acteurs et experts sur la maîtrise des notions de stabilité institutionnelle et démocratique, mais aussi sur l’identification des signes avant-coureurs de l’instabilité selon les réalités socioéconomiques de chaque pays. Les facteurs juridico-politiques avec surtout la régulation déficiente du jeu politique dans des pays comme le Sénégal ne sont pas laissés en rade.  Le consultant Sémou Ndiaye juge à cet effet  « important que les acteurs de la société civile s’impliquent dans la régulation du jeu politique ». Car pense-t-il, « il faut outiller la Société civile en termes de médiation pour permettre à celle-ci de renforcer son rôle non seulement de contre-pouvoir, mais également celui de régulateur du jeu politique ». L’expert d’ajouter qu’il faut familiariser les acteurs avec le cadre de prévention des conflits de la CEDEAO pour voir l’évolution qu’il y a dans la pratique. 
  
A rappeler que les questions de la stabilité politique et institutionnelle ont déjà été abordées en 2014 par des experts, avec des travaux de spécialistes ayant  permis l’élaboration  d’outils de renforcement de capacités, de canevas de suivi et d’évaluation de système de gouvernance. Après un an d’application des outils, un atelier d’évaluation de l’ensemble du projet a permis d’une part d’évaluer les besoins, de définir des priorités dans le choix des thèmes et des approches et d’autre part, de lancer des bases pour la suite du projet. Pour ce qui est de la présente activité qui fait partie du programme « Alliance des Initiatives Africaines pour la Paix et la Stabilité en Afrique de l’Ouest » et qui prendra fin demain 8 juin, il est attendu des moniteurs qu’ils soient outillés par rapport au système de collecte et de remontée des données au niveau de leurs pays respectifs. La directrice des programmes de l’Institut, Woré Ndiaye souhaite que ceux qui ont participé à l’initiative d’avant « puissent partager  leurs expériences pour relever les difficultés qu’ils ont rencontrées afin qu’on puisse les corriger pour renforcer le mécanisme. Qu’ils puissent, à moyen et long terme, contribuer à la stabilité institutionnelle au niveau des pays de la CEDEAO ». 
  
 

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