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Thierno Lo, ancien ministre de l’Environnement : «Comment des gens ont voulu s’enrichir sur les ordures»


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 29 Octobre 2015 || 7 Partages

La polémique ne s’estompe pas autour de la gestion des ordures dans la capitale, un dossier repris de l’Entente Cadak-Car et confié à l’Ucg. Dans les colonnes du quotidien L’Observateur, un ancien ministre de l’Environnement explique les enjeux à plusieurs milliards autour de cette affaire qui fait l’actualité de ces derniers jours.

«A mon arrivée dans ce département, j’ai trouvé un secteur où il y avait plusieurs milliards de FCfa pour la gestion des ordures, mais que rien ne marchait. J’ai ainsi mis en place un dispositif de collecte, en collaboration avec les différentes parties prenantes. Le premier constat que j’ai fait, c’est qu’on injectait des milliards, alors que Dakar avait des tas d’immondices inqualifiables», confie d’emblée l’ancien ministre de l’Environnement, Thierno Lo. 

Ainsi, «Je me suis rendu à la décharge de Mbeubeus. Sur place, poursuit-il, j’ai trouvé que le pont bascule était défectueux. Et pis, les camions qui étaient payés suivant le tonnage, transportaient des pierres et autres gravats, à la place des ordures. On a ainsi découvert pourquoi les ordures étaient toujours dans la capitale», renseigne Thierno Lo. Dans les colonnes du journal, il dénonce aussi ce qu’il considère comme une double facturation de l’Etat. «Parce que des camionneurs, au lieu de s’occuper des ordures ménagères, convoyaient des déchets industriel des usines qui les payaient d’abord. Une fois à Mbeubeuss, en connivence avec ceux qui étaient là, ils obtenaient une seconde facture que l’Etat devait payer». Raison pour laquelle, explique-t-il, «on a pris la décision de ne plus payer au poids, mais suivant la rotation. 

C’est suite à cela que les camionneurs ont commencé à transporter correctement les ordures».

Toutefois, tient à relativiser Thierno Lo, si Khalifa Sall avait les moyens pour prendre en charge la gestion des ordures, l’Etat n’aurait pas à s’y impliquer. 

En revanche, «l’Etat, qui verse des milliards, a un droit de regard et de déterminer la conduite à suivre. Le malheur, conclut-il, c’est que les collectivités s réclament des compétences, alors qu’elles n’ont pas les moyens de prendre en charge le ordures».

L’ancien ministre reste convaincu qu’ «il y a des gens qui veulent s’enrichir sur le pactole et qui ne travaillent pas pour l’intérêt de la nation… S’il y a corruption, c’est au niveau des appels d’offres»

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