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Toussaint Manga, secrétaire général UJTL : «Thione Seck a été abusé»


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 1 Février 2016 || 281 Partages

Toussaint Manga, secrétaire général UJTL : «Thione Seck a été abusé»

Le secrétaire général de l’Union des jeunesses travaillistes libérales est en liberté provisoire. Son procès étant renvoyé au 24 mars 2016. Après près de dix (10) de prison, Toussaint Manga semble garder intact «son courage politique». Dans une chemise bleue de nuit, il s’est confié à «L’Obs» sur son séjour carcéral, la situation du pays, le fonctionnement de son parti, la prochaine élection présidentielle à laquelle Karim Meissa Wade, en prison, est la seule option. Entretien…

 

Vous êtes en liberté provisoire après presque dix mois de séjour carcéral. Quel sentiment vous anime de retrouver vos proches ?

Je commencerais par rendre grâce à Dieu. Lui qui m’a donné la foi et l’espérance pour que je puisse surmonter cette épreuve. Ce sont des épreuves que le Bon Dieu nous impose parfois pour tester notre capacité à surmonter, dans la dignité, ces moments difficiles. Je rends un hommage à mes parents, mes frères et sœurs, mes amis, ma famille politique, les femmes de la Casamance, au roi d’Oussouye, à l’Eglise, à l’Imam Ratib de Ziguinchor…, bref tous les Sénégalais qui m’ont témoigné de leur solidarité dans ces moments difficiles. Je crois que je leur dois une fière chandelle. Cela dit, je sors de prison avec la conscience tranquille. Parce que j’ai été injustement emprisonné. Je considère que c’était mon destin, et je l’accepte. Cependant, cette épreuve ne saurait diluer mon engagement politique et la ligne de conduite que je me suis tracé pour un Sénégal meilleur. La prison m’a requinqué, elle a renforcé mon engagement politique pour me battre sur les questions de principes. En prison, j’ai transcendé la dimension de parti. Maintenant, je vois beaucoup plus large parce que les questions de justice ne doivent pas être le combat exclusif des partis politiques. A mon avis, ce serait réducteur. Le combat que nous devons mener, c’est celui des principes, et je suis dans ça pour un Sénégal meilleur. Les questions de démocratie, de justice, de développement… doivent intéresser tous les Sénégalais. Je suis dans le Pds et je m’inscris dans la ligne directrice du parti pour mener tous les combats.

La prison est un mal en soi. Mais est-ce qu’elle vous a apporté quelque chose de positif ?

C’était un moment de retraite politique et spirituel pour moi. C’était un moment où on pouvait méditer le passé et l’avenir. J’ai appris des choses positives en prison. C’est une expérience de la vie, et quelqu’un me disait qu’un homme a toujours besoin de ces trois choses pour mieux se former : l’aventure, le service militaire et la prison. Il est clair que je ne suis pas sorti de prison comme j’y suis entré. Je suis plus déterminé à mener le combat politique selon des principes, aujourd’hui plus qu’hier. Mon incarcération n’a rien altéré en moi. Par ailleurs, en prison, j’ai pu découvrir que notre génération à nous est une génération très consciente. Parce que ces jeunes ont pu percevoir, au-delà des clivages politiques, les questions de démocratie. Lorsqu’un citoyen sénégalais est mis injustement en prison, on doit le défendre. C’est l’occasion pour moi de rendre hommage aux jeunes de Rewmi, de la Jds, du Parti socialiste, de Y’en a marre, de Bokk Gis-Gis, de l’Union centriste du Sénégal (Ucs), d’Aj/Pads (Mamadou Diop Decroix)… les organisations des droits de l’Homme, comme Amnesty international, Raddho, Lsdh, la députée Hélène Tine et les députés libéraux… Ils ont tous contribué à ma libération. Donc, c’est un sacerdoce pour moi de continuer ce combat de principe pour l’intérêt général du Sénégal et des Sénégalais. Mais il faut noter que les conditions de détention sont inhumaines au Sénégal. Les esclaves étaient mieux traités que les prisonniers sénégalais, surtout à Rebeuss. La vraie priorité doit être le désengorgement des prisons. Il y aura bientôt une mutinerie à Rebeuss, si la situation ne change pas. Rebeuss est une urgence extrêmement grave. Je demande à Macky Sall d’accorder plus de grâce aux détenus.

Qu’est-ce qui vous a le plus fait mal quand vous étiez en prison ?

D’abord, je salue le courage de mes codétenus qui n’ont été que des cobayes dans cette affaire, car c’est moi qui étais visé. C’est ce qui m’a le plus fait mal en prison. Ils n’étaient pas visés. De la même manière, Pape Mamadou Pouye a été mis en prison pour camoufler l’emprisonnement de Karim Wade, de la même manière on a embastillé ces gens pour masquer mon incarcération. C’est injuste et révoltant. En prison, j’ai vu comment beaucoup de Sénégalais ont subi de l’injustice. Il y a le cas de Cheikh Alassane Sène et Amadou Djoni Bâ qui sont en prison pour des détails. Ça n’a pas de sens, en réalité. Il y a le cas des sapeurs-pompiers mis en prison sans qu’on prenne en compte leur statut. Je lance un appel à Macky Sall pour que ce dossier puisse être géré autrement, parce que ce sont des jeunes qui ont tout abandonné pour servir l’Etat. Ils méritent de recouvrer la liberté. Je n’oublierai pas non plus le cas Thione Seck. Le Premier ministre disait à l’Assemblée nationale qu’on ne brise pas ses stars. Mon intime conviction est que Thione Seck a été abusé. Ce qui lui est arrivé peut arriver à chacun d’entre nous. Il y a Taïb Socé aussi, c’est une icône. Je demande au Président de protéger ces gens-là, conformément à la déclaration de son Premier ministre.

Vous aviez confié à certains de vos visiteurs que Macky Sall vous a envoyé des émissaires. C’était à quelle fin ?

Ce n’est pas un fait nouveau. Tous les hommes politiques libéraux qui ont été incarcérés ont reçu des propositions du gouvernement qui, s’ils avaient cédé, seraient élargis au plus vite. Certains ne l’ont pas dit, mais moi, j’ai voulu le rendre public pour que cessent ces tentatives. J’ai refusé cette offre et je ne voulais pas qu’on continue à me refaire la même proposition. Je ne vois pas pourquoi devrais-je monnayer ma liberté et ma dignité. Surtout que, dans ma conscience, je ne me reproche rien. Je n’ai rien fait. Mon éducation et mes convictions ne me le permettent pas. D’ailleurs, ce serait même manquer de respect aux Sénégalais que de monnayer ma libération. On nous apprend à subir dans la dignité. Vous avez constaté que dans le dossier de Karim Wade, ceux qui ont accepté de collaborer ont été élargis.

Pendant que vous étiez en prison, Modou Diagne Fada et certains militants libéraux sont entrés en rébellion pour réclamer la refondation du Pds. Comment vous appréciez leur démarche ?

Modou Diagne Fada est un épiphénomène. D’ailleurs, l’étape Modou Diagne Fada est dépassée. Par contre, j’estime qu’il a dévié de l’essentiel en demandant la refondation du parti. L’essentiel aujourd’hui, c’est la libération de notre candidat Karim Meissa Wade et de son codétenu Pape Mamadou Pouye, la préparation de la prochaine élection présidentielle pour que Macky Sall quitte le pouvoir. Mais toute autre question qui ne va pas dans cette direction n’est qu’une tentative de diversion. Je disais même à beaucoup de mes visiteurs que ma libération et celle des autres ne sont pas une priorité. La priorité, c’est la libération de Karim Wade, notre candidat. Nous sommes des victimes de guerre, mais la bataille doit continuer, c’est-à-dire, la libération de Karim Wade. C’est l’objectif principal.

D’aucuns pensent que Diagne Fada est le bras armé de Macky Sall. Est-ce aussi votre conviction ?

Ecoutez, lorsque Me Abdoulaye Wade donnait le Groupe parlementaire à Modou Diagne Fada en 2012, il n’y avait pas d’opposition, tout le monde a accepté, même s’il y a d’autres qui voulaient diriger le Groupe. Modou Diagne Fada n’était pourtant pas le plus méritant ni le meilleur d’entre ces gens-là, mais Me Wade a misé sur lui. Alors, aujourd’hui que Me Wade a porté son choix sur Aïda Mbodji pour faire la promotion de la femme, il se braque. Or, si on suit la logique, il ne devait pas y avoir de problème. Les responsables doivent avoir à l’idée qu’ils ont été choisis parmi des milliers de militants. Sur le plan des suffrages, un Diagne Fada, un Karim Wade, un Oumar Sarr, un Toussaint Manga…pèse au même titre qu’un militant simple de la base, parce que le vote est unique. Donc, par respect pour ces militants qui ne portent pas de mandat, lorsque le parti choisit, il faut avoir l’humilité d’accepter. Il est clair que quand on rejette une décision de Me Wade pour entériner celle de Moustapha Niasse qui est un collaborateur de Macky Sall, on peut déduire qu’il y a une collusion entre Macky Sall et Modou Diagne Fada. Pour moi, le Groupe parlementaire des Libéraux et démocrates est dirigé par Aïda Mbodji. L’autre Groupe parlementaire dirigé par Diagne Fada n’est pas reconnu par le parti.

Diagne Fada a annoncé la création d’un parti. Est-ce à dire que les masques sont en train de tomber ?

S’il annonce la création d’un parti politique, cela veut dire qu’il a terminé par là où il devait commencer. A mon avis, c’est plus honnête, lorsqu’on a des ambitions qui ne peuvent pas être réalisées dans le contexte actuel dans le Pds, il faut avoir le courage de se retirer et de créer son parti. Me Souleymane Ndéné Ndiaye l’a fait, c’est courageux et honnête. Diagne Fada aurait dû commencer par ce qu’il a terminé. C’est normal d’être ambitieux, mais le parti a porté son choix sur Karim Wade. Beaucoup ont tenté de déstabiliser le Pds, mais ils n’ont pas réussi. Alors, ce n’est pas Diagne Fada qui le réussira. Il est facile de créer un parti, mais il est difficile d’y mettre une vie. Le Pds, c’est toute une vie. C’est un parti qui ne peut pas être détruit en une année. Pour détruire le Pds, il faut au minimum 100 ans, parce que ce sont des générations qu’il faut faire disparaître. Me Wade est ancré dans le cœur de beaucoup de générations. Ce que certains ignorent ou font semblant d’ignorer, c’est que les militants vous suivent et vous estiment parce que vous êtes dans le parti. Mais quand vous quittez le parti, il n’est pas évident que vous serez suivi. Aujourd’hui, si Diagne Fada a une notoriété à Darou Moukhty, c’est grâce à Me Wade. Et par ailleurs, c’est la même chose avec les autres responsables. Si les gens ne le comprennent pas, ils se tromperont lourdement. Il a pu remporter des élections à Darou Moukhty grâce au Pds. Je conseillerais à Mamadou Lamine Keïta de rester fidèle à Me Wade quelle que soit la situation, parce que les gens ont horreur de la trahison en Casamance.

Avec votre absence, il a été noté une baisse d’intensité dans le combat au niveau de l’Ujtl. Comment vous allez conduire à nouveau le combat politique de votre parti ?

Il n’y a pas eu une baisse d’intensité durant mon incarcération. Bien au contraire, beaucoup de sections de l’Ujtl ont été plus remuantes durant mon incarcération qu’avant, comme celle de Mbacké. Au Pds, nul n’est indispensable. Lorsque Macky Sall avait mis Bara Gaye en prison, il pensait avoir résolu la question de la jeunesse libérale. Mais nous avons mené le combat. Et lorsque j’ai été mis en prison, Fabouly Gaye, Marie Sow et les camarades ont porté le combat. C’est d’ailleurs l’occasion de rendre hommage à tous mes camarades de l’Ujtl. J’ai un satisfecit total. Je comprends aisément dans quelles conditions ils ont porté ce combat dans un pays où les manifestations politiques sont interdites systématiquement à l’opposition. Au Pds, il n’y a que des jeunes valeureux interchangeables. Mais maintenant que je suis sorti de prison, je vais continuer le combat qui a déjà été mené par mon intérimaire : faire partir Macky Sall pour mettre Karim Meissa Wade au Palais. L’objectif de l’Ujtl, c’est de faire revenir le Pds au pouvoir dès 2017. Pour ce faire, nous nous donnerons tous les moyens légaux pour y arriver. Le Pds travaille pour cette élection présidentielle, mais sans tambour ni trompette.

Mais votre candidat est en prison, et les responsables libéraux refusent un plan B. Etes-vous dans ce sillage ?

Karim Meissa Wade est le candidat du Pds. Il n’y aura pas de plan B. Karim Meissa Wade ira aux élections, c’est clair. Est-ce que l’Apr a envisagé un plan B au cas où Macky Sall serait dans l’incapacité d’assumer ses fonctions ? Alors pourquoi on veut nous imposer un plan B ?

Comment il pourra aller aux élections alors qu’il est en prison ?

Ecoutez, au Niger, il y a un candidat qui est en prison. Que Karim Meissa Wade soit en prison ou libre, il ira aux élections. Il faut que les gens retiennent cela. Nous exigeons qu’on donne la possibilité à tout le monde de concourir aux suffrages des Sénégalais. Il n’est pas acceptable dans ce pays que certaines candidatures soient rejetées. L’opposition, en un seul bloc, se battra pour que Macky Sall accepte toutes les candidatures. On ne doit pas influencer la justice pour écarter quelqu’un de la course. Karim Wade est l’homme idéal pour redresser le Sénégal.

Comment vous avez trouvé la situation du pays à votre sorti de prison ?

Il n’est pas besoin de sortir de prison pour savoir que la situation est difficile au Sénégal. Parce que de la prison même, on sait que les Sénégalais souffrent. Il y a des détenus qui m’ont confié que leur situation est meilleure en prison qu’à l’extérieur, du fait de la précarité, c’est grave ! C’est catastrophique. Le pays n’avance pas. Mais les autorités essaient de jouer avec les chiffres qu’elles ne maîtrisent même pas, parce qu’elles sont en contradiction permanente avec le Fmi. Les chiffres ne sont pas le plus important, parce que c’est compliqué. Le Sénégalais lambda ne cherche pas à savoir le niveau du taux de croissance, ce qui compte pour lui, c’est son quotidien. Le niveau de vie se dégrade chaque jour. Au plan des infrastructures, tous les chantiers que Macky Sall inaugure sont des projets financés par Me Wade. Le Plan Sénégal émergent (Pse) est une coquille vide, un slogan creux. Quel ouvrage Macky Sall a créé ? Le Centre international de conférence Abdou Diouf doit être audité. Parce qu’avec 7 milliards de FCfa, la Sonatel s’est offert un joyau sur la Vdn, au moment où, avec une soixantaine de milliards, on obtient un centre préfabriqué. Il n’est pas rentable et le ministre des Fiances l’a reconnu. Ce centre est un cimetière de cafards et de rats. C’est un gâchis. L’argent injecté dans ce centre aurait pu résoudre d’autres problèmes plus importants.

Parfois, j’ai l’impression que Macky Sall oublie qu’il est le Président de tous les Sénégalais, et non celui de l’Apr. Dans son discours, il catégorise les gens : aux uns les menaces, aux autres les fleurs. Pour moi, ce n’est pas un bon procédé. Les menaces et les énervements ne serviront à rien du tout. Il doit encaisser et gérer la situation.

lobs


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1.Posté par eva provok le 01/02/2016 19:11
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