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«Trois Marocains m’ont violée et dépouillée de toutes mes économies»


Candidate à l’émigration clandestine Khady Ndiaye se rend au Maroc comme plein de Sénégalais afin de rallier l’Espagne. Elle ne verra jamais l’autre rive de la Méditerranée. Au cours de son séjour au Maroc, elle est victime d’un viol collectif de la part de trois Marocains qui l’ont dépossédée de la somme de 800 000 FCfa. Comble de son malheur, son indemnisation par le roi du Maroc a été détournée.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 10 Novembre 2015 || 141 Partages

«Trois Marocains m’ont violée et dépouillée de toutes mes économies»
«Je me nomme Khady Ndiaye. J’ai 36 ans et vis présentement à Ngaparou où je me suis retirée depuis mon retour au bercail, en provenance du Maroc. C’est en 2013 que je m’étais rendue dans ce pays, dans le but de rallier l’Espagne où je comptais monnayer mes talents. Au cours de mon séjour au royaume chérifien, j’ai vécu le pire supplice de ma vie. Il s’agit d’un viol collectif et du vol de toutes les ressources. Le supplice a été l’œuvre de trois Marocains. Ils m’ont interpellée dans une rue déserte. Personne n’était dans les parages. Ils ont profité de l’occasion pour s’en prendre à moi. Ils se sont alors rués sur moi, avant de m’entraîner dans un étang, encore plus désert. 

Là, loin des regards indiscrets, ils ont brandi un couteau, m’intimant l’ordre d’exécuter leurs ordres à la lettre. C’est ainsi qu’ils m’ont sauvagement violée à tour de rôle. Après avoir abusé de moi, ils m’ont violentée, avant de me déposséder de la somme de 800 000 FCfa qui représentait toutes les économies que j’avais rassemblées pour les besoins de mon périple. Au moment de vider les lieux, l’un d’eux, craignant d’être dénoncé, a suggéré à ses acolytes de me tuer. Je n’ai du mon salut qu’à un individu qui circulait dans les parages. Sa présence a dissuadé les trois jeunes marocains à m’abandonner sur place. Dès que j’ai vidé les lieux, je me suis rendue au commissariat de police de Naodor. Après avoir narré ma mésaventure et porté plainte, j’ai été logée dans un hôtel de la place par le commissaire, en attendant la suite de mon dossier. 

«L’argent de mon indemnisation par le roi du Maroc, détourné» 

Les jours qui ont suivis, l’affaire s’est ébruitée dans la cité au point de défrayer la chronique. Par la suite, le commissaire de police sus-indiqué m’a remis un document dans lequel, il est indiqué que le roi du Maroc, Mouhamed 6, avait décidé de m’accorder une indemnisation financière. Munie de ce document, j’ai pris langue avec le Consul du Sénégal, afin qu’il m’accompagne au Palais de justice de Naodor, aux fins de régularisation de mon dossier. Ce qui n’a pas été fait. Le consulat m’a mis en rapport avec un Sénégalais, un certain Moussa dit Diawrigne, qui passe pour quelqu’un de bien imprégné dans le milieu judiciaire marocain. Il m’a conduite chez lui. Là, il a récupéré mes documents d’indemnisation et m’a assurée qu’il va s’occuper de mon dossier d’indemnisation. Depuis lors, je n’ai eu aucune nouvelle de cette affaire. Je suis persuadé que l’argent de mon indemnisation a été retiré. J’en veux pour preuve, les semaines qui ont suivi, j’ai été persécutée par des inconnus qui m’ont sommée de quitter d’urgence le territoire marocain. Sachant que ma vie est en danger, je me suis résolue à rentrer au Sénégal. Je n’avais plus aucun sou et j’avais perdu toutes mes pièces d’identification. 

«De retour au bercail, j’ai été éconduite par mon mari» 

De retour au Sénégal, mes proches ont eu du mal à me reconnaître. Parce qu’en réalité, je ressemblais à une loque humaine. Pis, j’ai été répudiée par mon époux avec qui j’ai eu trois enfants. Il justifiait son acte par le fait que j’avais certainement contracté une grave maladie. Traumatisée et sans ressources financière, je squatte les plages de Ngaparou et de Saly pour quémander de quoi survivre. Tout ce que je souhaite, c’est que justice me soit rendue. Que mes violeurs soient punis et que l’argent de mon indemnisation par le roi du Maroc me soit restitué», a narré la dame Khady Ndiaye, la voix flageolante d’amertume. 
L'Obs

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