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Turquie : un attentat lors d'un mariage fait au moins 50 morts


La bombe a explosé dans un quartier kurde de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie. Le président turc soupçonne le groupe Etat islamique d'être responsable de cette attaque.

Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 21 Août 2016 || 342 Partages

Le bilan s'est alourdi au cours de la nuit. Au moins 50 personnes ont été tuées et près de 100 blessées dans un attentat à la bombe lors d'un mariage samedi soir à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, a annoncé dimanche le gouverneur de la province. Le quartier où se déroulait le mariage est à majorité kurde ce qui renforce les soupçons d'un attentat djihadiste. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que le groupe Etat islamique (EI) était «probablement» derrière cette attaque.
Un responsable turc a indiqué que le mariage «se déroulait en plein air». Selon l'agence de presse Dogan, les mariés étaient originaires de la région majoritairement kurde de Siirt, plus à l'est, et avaient été déplacés en raison des violences entre les rebelles kurdes et les forces gouvernementales. D'après l'agence, un kamikaze s'est mêlé aux invités, dont un grand nombre de femmes et d'enfants, avant d'actionner sa charge. Le quotidien Hurriyet a indiqué que les mariés avaient été blessés et hospitalisés mais que leurs vies n'étaient pas en danger.
 

La piste de Daech

  François Hollande a dénoncé avec force un «ignoble attentat terroriste». «La France adresse aux autorités et au peuple Turcs ses condoléances et sa sympathie dans cette épreuve. Elle se tient aux côtés de tous ceux qui luttent contre le fléau du terrorisme», écrit le chef de l'État.
«Beaucoup de Kurdes ont perdu la vie», a déploré le parti pro-kurde HDP, condamnant l'attentat. Le vice-premier ministre Mehmet Sismek, également député de Gaziantep, a jugé «barbare d'attaquer un mariage». «L'objectif de la terreur est d'effrayer les gens, mais nous n'accepterons pas cela», a-t-il déclaré à la télévision. Le gouverneur Ali Yerlikaya a pour sa part évoqué «un affreux attentat terroriste» dans cette ville proche de la frontière syrienne. «Nous condamnons les traîtres qui ont organisé et perpétré cette attaque». Un député de Gaziantep du parti AKP, Samil Tayyar, a déclaré que «les premières informations laissent penser que Daech a fait cela», a rapporté l'agence de presse Dogan. Nombre de djihadistes perçoivent les Kurdes comme des ennemis; en Syrie voisine, les milices kurdes sont en première ligne dans les combats contre l'EI.
Le sud-est et l'est de la Turquie ont été secoués en milieu de semaine par trois attentats qui ont fait 14 morts et été attribués par Ankara à la guérilla du PKK. La guérilla kurde semble, après une relative accalmie à la suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet en Turquie, avoir repris une campagne intense d'attentats contre des cibles des forces de sécurité. Les premiers secours transportent un un homme blessé à l'hôpital le 20 août 2016.
Fin juin, un triple attentat-suicide a frappé l'aéroport d'Istanbul  faisant 45 morts. L'attaque, la quatrième la plus meurtrière en Turquie depuis le début de l'année n'a pas été revendiqué mais les responsables turcs ont accusé le groupe Etat islamique. Les kamikazes étaient un Russe, un Ouzbek et un Kirghiz. Les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale font partie des plus importants fournisseurs de djihadistes en Syrie et en Irak. 
 

Point de passage des réfugiés syriens

  Gaziantep se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de la frontière syrienne et est devenu le point de passage de très nombreux réfugiés syriens fuyant la guerre dans leur pays. Mais la zone abriterait en dehors des réfugiés et des militants de l'opposition un nombre significatif de djihadistes. 
L'explosion de Gaziantep survient alors que le premier ministre Binali Yildirim a annoncé samedi que la Turquie souhaitait jouer un rôle «plus actif» dans la solution de la crise en Syrie afin de «faire cesser le bain de sang». 
«Que nous l'aimions ou pas, Assad est aujourd'hui l'un des acteurs» de la guerre dans ce pays et il est possible de «lui parler pour la transition», a dit Binali Yildirim, tout en excluant que ce soit la Turquie qui le fasse. 
Ces propos interviennent alors qu'Ankara s'est réconcilié avec la Russie et a accéléré ses contacts avec l'Iran, avec l'échange de visites des chefs de la diplomatie turque et iranienne en une seule semaine. La Russie comme l'Iran soutiennent activement le président syrien Bachar al-Assad, contrairement à la Turquie.

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