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Affaire Batiplus: prise la main dans le coffre, Rachelle craque et s’épanche…


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 16 Juin 2020 || 1012 partages || 0 commentaires

La semaine dernière, dans ces mêmes colonnes, notre collaborateur Pape Ndiaye annonçait la prochaine inculpation pour recel du fiancé ainsi que du père et de la mère de Rachelle Sleylati. Si pour le premier, André Rabih Kfoury, c’est chose faite depuis hier lundi, pour les parents de l’ex-responsable des coffres de la société Batiplus ce n’est plus qu’une question de jours. En effet, un événement familial malheureux a fait que leur face à face avec le Doyen des juges d’instruction du Tgi de Dakar a été reporté à une date ultérieure.

Comme je l’écrivais moi-même mercredi dernier, si Rachelle Sleylati, 24 ans et diplômée de Paris Dauphine, a été placée sous mandat de dépôt, c’est parce qu’elle a été la seule de la bande a avoir avoué son crime là où les autres ont nié les accusations portées contre eux, devant les gendarmes de la section de Recherches. Ayant reconnu sans contrainte les faits devant un huissier de justice, qui s’était présentée ès-qualité devant elle (par conséquent, elle ne pouvait pas invoquer des actes de torture !), l’employée de la société Batiplus ne pouvait donc se rétracter devant les gendarmes. Le voudrait-elle d’ailleurs que ses déclarations couchées sur PV l’accableraient.

C’est le 6 mars dernier que Me Bernard Diatta, huissier de justice, a servi une sommation interpellative à Rachelle Sleylati. Ce en présence du top management de Batiplus, en particulier des responsables du Contrôle interne, mais pas seulement, et aussi du commissaire aux comptes de la société. Elle a eu à répondre à des questions portant sur des écritures d’argent manquantes sur son fichier informatique Excel servant au suivi du solde de la caisse, les régularisations par ses soins et les fausses écritures photographiées et transmise par Whatsapp aux contrôleurs par ses soins (des contrôleurs qui disposaient par devers eux, mais elle l’ignorait, des originaux des pièces qu’ils lui réclamaient). Elle a aussi été interrogée sur la disparition de son cahier de suivi des encaissements du premier semestre 2019.

Encore une fois, sans subir aucune pression et d’elle-même, Rachelle Sleylati a reconnu avoir régulièrement effacé des écritures d’argent pour diminuer le solde théorique, de même que la disparition du cahier de suivi des encaissements. Elle aussi avoué avoir créé des sorties d’argent fictives de 30 000 000 FCFA et majoré une autre sortie de 20 000 000 (sortie de 40 passe à 60). N’avoir jamais informé la Direction alors qu’elle était la seule à avoir accès au Coffre. Enfin, elle a reconnu être la seule à détenir la clef de ce dernier. Surtout, en regardant l’auxiliaire de justice dans le blanc des yeux, elle a soutenu que la différence entre les sommes déposées dans le coffre par ses soins et ses propres écritures ne se justifiait pas et être incapable d’expliquer une telle situation.

Interrogée par Me Bernard Diatta sur le fait de savoir comment elle comptait restituer la somme détournée par ses soins pour la période de 28 jours durant laquelle ont porté les investigations initiales et évaluée provisoirement à 126 millions de francs (Ndlr, le montant total détourné est de deux milliards de francs d’après le commissaire aux comptes), Rachelle Sleylati s’est montrée évasive : « je vais voir comment faire pour le remboursement » s’est-elle contentée de dire. Elle a été beaucoup plus loquace, en revanche, lorsqu’il lui a été demandé quelles personnes de son entourage étaient au courant de ses agissements et qu’est-ce qu’elle avait à déclarer sur tous les détournements qui lui sont imputables. Réponse « : « Mon père André Sleylati et mon fiancé Alex Rbih Kfouri. Je reconnais que j’ai personnellement sorti de l’argent du coffre. Je prenais chaque jour un (1) ou deux (2) millions en espèces. En outre, il m’arrivait de prendre cinq (millions) d’un coup, trois fois chaque mois. J’ai aussi offert des cadeaux (or et voiture) à ma mère Marie-Jo Sleylati. Il y a aussi mes oncles qui vivent dans la précarité et à qui j’ai offert des bons d’achat et autres bien matériels ». Pour rappel, Rachelle touchait un salaire d’un million de francs par mois !

A la question de savoir qui lui a demandé ou conseillé d’agir de la sorte, la responsable des coffres de Batiplus a répondu « personne ». Mais le meilleur est à venir et nous l’avons gardé pour la fin car la prodigue Rachelle a livré les noms des bénéficiaires de ses libéralités et donné des détails sur l’utilisation de son fabuleux butin. En voulez-vous ? En voilà ! « J’ai aidé mon père dans le cadre de la construction de son immeuble à Ngor. Je lui ai remis à peu près 70 millions. A mon fiancé, je lui ai remis à peu près 50 millions en espèces et une voiture d’une valeur de dix (10) millions. Il m’a aussi aidé dans le cadre du montage de ma société D-Day dont le financement s’élève à 50 millions. J’ai aussi fait trois voyages en France et au Liban au cours desquels j’ai dépensé beaucoup d’argent. Il y a aussi la préparation de mon mariage qui m’a coûté beaucoup d’argent ».

Qui osera soutenir après cela que l’amour, c’est pas beau et que cette fille qui soutient aussi généreusement ses parents n’est pas brave ? Sauf que c’est avec de l’argent volé à ses employeurs qu’elle faisait preuve de telles largesses, hélas. Pudique, notre Juliette n’a pas voulu dire à l’huissier qu’elle a acquis en copropriété avec son fiancé ( !) Roméo un appartement d’une valeur de 380 millions de francs au sixième étage d’un luxueux immeuble de l’avenue Brière de l’Isle et qu’un acompte de 60 millions avait été déposé pour l’achat d’un autre. Lorsque les micmacs de Rachelle à Batiplus ont été découverts, le couple s’est précipité pour récupérer cette avance… Et l’on viendra après ça nous dire que la brave fille est une victime innocente d’une machine judiciaire infernale !

Le Témoin

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