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Coronavirus- France : Un premier détenu positif au virus et hospitalisé


A la prison de Fresnes, un détenu de 74 ans porteur du Covid-19 a été hospitalisé. Jeudi, une infirmière de cet établissement pénitentiaire surpeuplé avait été, elle aussi, diagnostiquée positive à ce virus.

Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 16 Mars 2020 || 145 partages || 0 commentaires

A-t-il été contaminé à l'intérieur de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) ou était-il déjà porteur du virus avant son incarcération le 8 mars dans une cellule individuelle ? Un détenu de74 ans a été testé positif vendredi au coronavirus. C'est le premier cas connu dans les prisons françaises qui comptent plus de 70 000 détenus, selon la porte-parole du ministère de la Justice, Agnès Thibault-Lecuivre.
Vendredi, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait indiqué qu'une infirmière de Fresnes avait contracté le virus. Elle travaillait dans une division comptant environ 800 détenus. A ce stade, le lien entre les deux contaminations n'a pas été établi dans cet établissement pénitentiaire le plus peuplé de France après Fleury-Mérogis (Essonne). En forte surpopulation carcérale, Fresnes accueille 2159 détenus pour 1320 places.

Des « problèmes respiratoires » dès son arrivée

Incarcéré le 8 mars en cellule individuelle, le détenu de 74 ans a été conduit vendredi, après l'apparition de premiers symptômes, à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre où sa contamination a été avérée. Ce septuagénaire avait fait l'objet d'un « suivi particulier » dès son arrivée à Fresnes en raison de son âge et son « état de santé », a précisé selon la porte-parole.

« Quand il est arrivé, c'est quelqu'un qui avait déjà des problèmes respiratoires, donc il avait été directement placé en quatorzaine », a affirmé à Jean-Christophe Petit, surveillant à Fresnes et secrétaire local Ufap-Unsa.

Un « dispositif de suivi » mis en place

Le détenu « a toujours été placé en cellule individuelle et n'a pas été en contact avec d'autres détenus », a affirmé la porte-parole de la Chancellerie. Son extraction vers l'hôpital s'était faite dans le respect des « consignes de sécurité sanitaire », notamment le port de masques, a-t-elle assuré. Son état de santé n'est pas connu.
Un « dispositif de suivi » a été, depuis, mis en place à Fresnes pour les personnels pénitentiaires qui ont été en contact avec le détenu, a ajouté Agnès Thibault-Lecuivre.

Selon les syndicats, une aile de la prison a été libérée pour dégager de la place en cellule individuelle afin de placer à l'isolement tout détenu présentant les symptômes du coronavirus. Frédéric Boyer, surveillant et secrétaire local Force ouvrière, a déploré le « manque de transparence » de la direction, qui n'a informé son syndicat de ce cas de coronavirus que le lendemain de l'hospitalisation du détenu.

Une délicate gestion des prisons en période d'épidémie

Alors que le coronavirus progresse dans le pays, l'objectif en prison est double : « maintenir la continuité du service public pénitentiaire » et « éviter la propagation de l'épidémie au sein de la détention, comme à l'extérieur », selon la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). L'avantage du huis clos est notamment de pouvoir vite identifier d'éventuels malades et retracer leurs contacts dans un milieu où le personnel a l'habitude de gérer des maladies contagieuses, bénignes comme la gale, ou potentiellement graves comme la tuberculose.

Mais la difficulté sera essentiellement de gérer une explosion des cas dans des prisons surpeuplées (116 % de taux d'occupation en moyenne), où l'encellulement individuel reste une gageure. Des associations comme l'Observatoire international des prisons (OIP) se demandent comment la DAP va pouvoir libérer des cellules individuelles.

Dès février, la DAP a demandé aux chefs d'établissement de désigner « un référent » coronavirus, qui veille à la mise en œuvre du dispositif de limitation des risques de propagation, au renouvellement des kits d'hygiène auprès des détenus (savons, produits d'entretien…) et à l'information des visiteurs.

Est aussi demandé aux autorités judiciaires de « favoriser le recours à la visioconférence » plutôt que d'extraire les détenus devant se rendre devant un juge ou à une audience, pour limiter les risques de contagion. Le gel hydroalcoolique n'est pas autorisé pour les détenus - en raison de l'interdiction de l'alcool en prison - mais de la javel diluée est distribuée pour la désinfection des cellules.
Mutineries en Italie.

En Italie, l'arrivée de l'épidémie a provoqué des mutineries dans les prisons. Les détenus se sont révoltés contre l'interdiction des visites de leurs proches, et ont tiré la sonnette d'alarme en raison du risque d'être atteints du virus, en raison de la promiscuité entre les prisonniers.

La suppression des parloirs « n'est pas envisagée » en France, assure la porte-parole du ministère de la Justice, qui prévoit des décisions au cas par cas dans les 188 prisons françaises.

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