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Démarrage des activités de l'Aibd : les preuves d’une ouverture « prématurée »


La nouvelle plateforme aéroportuaire de Diass sera gérée par une association dénommée LAS composée de 3 entités pour une période de 25 ans. Il s’agit de deux sociétés Turques Limak et Suma, puis de l’Aibd. Les parts de chaque entité se présentent comme suit : Limak 33%, Aibd 34% et Suma 33%. Alors que l’Etat du Sénégal est décidé à ouvrir l’aéroport international Blaise Diagne le 07 décembre prochain, les craintes chez les professionnels de l’aérien sont grandes. Ils redoutent un cafouillage. Pour eux, l’ouverture de cette plateforme est prématurée : le train express régional (TER), en construction, est loin d’être terminé et toutes les infrastructures d’hébergement autour de la plateforme ne sont pas encore prêtes. Mais du côté de l’Aibd, on rassure. SeneNews a interrogé les différents protagonistes.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 25 Novembre 2017 || 222 partages || 0 commentaires

Démarrage des activités de l'Aibd : les preuves d’une ouverture « prématurée »

 

La fermeture annoncée de l’aéroport Léopold Sédar Senghor le 07 décembre, en faveur de l’ouverture de la nouvelle plateforme moderne de Blaise Diagne, met le personnel aéroportuaire dans la crainte et l’incertitude.Beaucoup de travailleurs de l’aéroport redoutent un cafouillage à l’ouverture  d’AIBD  parce que malgré sa modernité de cette plateforme, son fonctionnement efficace  n’est pas garanti avant la mise en circulation du train express régional encore en chantier jusqu’en 2018.  Même du point de vue des infrastructures hôtelières à Diass, beaucoup reste à faire. «Sans le Train express régional (TER), le déplacement vers Diass sera très compliqué. Surtout que l’aéroport n’a pas de base de vie.

Les travailleurs seront obligés de faire des va-et-vient qui risquent d’être très compliqués durant la phase d’adaptation», a indiqué un professionnel du fret aérien qui a requis l’anonymat.  Selon lui, avec  l’autoroute, les usagers seront obligés de débourser jusqu’a 14.000F CFA pour rallier la nouvelle plateforme (soit 6.000F  pour le péage et 8.000F de carburant pour un trajet de moins  120 km).

La fluidité de la circulation n’est pas non plus garantie en l’état actuel du fonctionnement de l’autoroute à péage. En effet, à partir du 08 décembre 2017, le lendemain de l’ouverture de l’Aibd, il y aura un nombre supplémentaire de 7500 passagers sur une autoroute de 36 Km. Ce qui va accentuer les embouteillages  dans  la capitale et de ses banlieues «La logique voudrait que pour une meilleure efficacité, les payements se fassent aux sorties pour que les véhicules de passage puissent faire un seul arrêt durant le trajet. Avec l’autoroute, les gens sont obligés de faire trois arrêts pour payer un ticket.

Tous les péages ne sont pas positionnés dans les allées menant à la sortie et le payement retarde les véhicules. Au niveau des ‘rapidos’, le capteur est très faible et les véhicules sont obligés de s’arrêter»

Pour ce professionnel du fret,  ces embouteillages feraient l’affaire d’une d’Eiffage qui a la gestion de l’autoroute.  Eiffage gagnerait selon lui, «24 millions de nos francs de recettes journalières de plus. Etant donné que les heures de descente des travailleurs sénégalais risquent de causer beaucoup de tort aux voyageurs avec 70% des avions  qui atterrissent  de 20 heures à minuit», estime un transitaire.

 A moins que des solutions pratiques ne soient pensées et mises en exergue au plus tôt, ce sont les voyageurs qui vont subir de plein fouet la conséquence de cette ouverture «prématurée» de l’aéroport international Blaise Diagne. Les embouteillages vont  provoquer le retard des voyageurs à l’aéroport. Ce qui peut entrainer le ratage de leurs vols.  «Il y aura forcément des blocages surtout pour les gens qui doivent prendre l’avion, ils risquent de manquer leurs vols de départ. Pourquoi s’empresser d’ouvrir l’aéroport de Diass alors que le Train Express Régional (TER) qui est en construction ne sera fonctionnel qu’en 2018», peste un des travailleurs. Mais à cette préoccupation, le chargé de communication de l’AIBD explique que l’association LAS, en collaboration avec  Sénégal  Dem Dikk prévoit des navettes Dakar-Aibd et vice-versa. En clair, il y  aura des bus à la disposition des voyageurs pour rallier l’aéroport pour les allers comme pour revenir sur Dakar pour les voyageurs de retour.

Pour les bus de transports, la compagnie Dakar Dem Dikk a créé 5 lignes pour rallier Diass : Palais, Aéroport Yoff, Dieupeul, Thiaroye, et Parcelles Assainies.

Deux navettes express sont ajoutées à ces 5 lignes pour faciliter le trajet. Tous les jours les bus climatisés prendront départ aux Hlm grand Yoff  pour rallier Diass par l’autoroute pour un montant de 6000 Fcfa. Un lieu qui est considéré désormais comme espace d’embarcation des voyageurs, mais aussi de démarcations pour les arrivants de Diass.

La région de Thiès bénéficie aussi d’une ligne express avec un prix de 3000 Fcfa pour Saly AIDB et AIDB Saly.

Sur un autre plan, les travailleurs de  l’aéroport Léopold Sédar Senghor redoutent les conséquences de cette précipitation qui risque de désarçonner tout le secteur aérien  et provoquer du chômage. Encore que certaines activités traditionnellement  gérées par des  privés sénégalais  seront perdues en faveur des étrangers. «La décision de fermer l’aéroport de Yoff pour faire marcher celui de Diass entrainera des troubles et des pertes en matière d’emplois. Cette décision risque de faire plus de mal que de biens, car l’expertise locale prendra fin et pourtant, les Sénégalais peuvent être à la commande car ils ont acquis de l’expérience», s’offusque Hamidou Diallo, le coordinateur de la plate-forme de  l’aéroport  Léopold Sédar Senghor.

Par exemple, précédemment aux mains d’œuvres de Sénégal Handling Service (SHS), la gestion des vols, la restauration, l’accueil et l’entretien des appareils, etc. est désormais confié aux sociétés turques Summa et Limak  au grand dam des privés sénégalais qui occupaient ce secteur à 75% explique le responsable du fret.

Or, selon  M. Diallo,  Summa et Limak ne sont pas qualifiés pour la gestion aéroportuaire. Ces sociétés seraient d’après lui  entrées dans le projet juste pour  s’occuper de la construction des routes et non pour l’exploitation de la plateforme.

Par ailleurs, du fait de la modicité de la participation des Turcs dans le projet, Hamidou Diallo et d’autres ne comprennent pas que le Sénégal puisse leur en confier une grande part dans l’exploitation sur tant d’années. «L’aéroport de Diass a été financé à hauteur de 85% par le gouvernement sénégalais. Les Turcs n’ont contribué qu’à  hauteur 15% seulement. Pourquoi le gouvernement donne la gestion à l’Etat turc pour une durée de 25 ans ?», s’interroge M. Diallo.

Détenant les droits d’exploitation à plus de 66%, toute personne  désireuse  d’obtenir une boutique à l’Aibd ou un quelconque espace pour une activité commerciale, doit se rapprocher des Turcs pour avoir l’agrément.

Transfert des activités de LSS vers l’AIBD

L’aéroport Léopold Sedar Senghor qui est une plateforme modeste déjà mal organisée  en termes de régulation du trafic parce que «mal conçu pour les passagers optimaux ». Maintenant, vouloir ouvrir dans la précipitation une plateforme plus  grande en l’état ne garantit rien.  «Le transfert  est prématuré et bâclé, mais aussi il y a des zones d’ombre et cela peut nous coûter très cher avec aussi un personnel très réservé sur les modalités de certains transferts».

 Même du point de vue sécuritaire, en l’état actuel,  l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) n’est  pas irréprochable. «Les travailleurs et les voyageurs qui devront emprunter à toutes les heures cette autoroute non éclairée, courent de graves dangers». La question de la restauration et l’hébergement  autour de la plateforme de Diass n’est pas encore résolue. «Par rapport aux hébergements, les compagnies auront le temps de changer leurs contrats avec les hôtels  qui pourront héberger les équipements à 20Km de l’aéroport au moins.

Mais aussi on assistera à une autre complication, il s’agit de la fusion entre les deux sociétés de Handling qui opèrent à l’aéroport pour des raisons techniques. Cette cacophonie risque de nous coûter extrêmement cher car les compagnies aériennes traditionnelles peuvent changer leur HUB», relève M. Gaye, un responsable de la coordination de la plate-forme de  l’aéroport  LSS.

La société ADS,  qui gérait  l’aéroport de LSS, est dissoute et remplacée par la société d’assistance qui aura 34%  de part dans la gestion de l’AIBD,  puis SAS qui a 33% et enfin   les Turcs qui ont 33%.

Même inquiétude chez un autre transitaire qui s’interroge. «Comment le gouvernement compte régler la question de restauration des travailleurs vu le vide au niveau de l’aéroport Blaise Diagne de Diass. La restauration est d’habitude très coûteuse dans la  plupart des aéroports» ?

S’agissant même de déménagement à proprement parlé, beaucoup de  travailleurs de l’aéroport de Yoff disent ne pas être informés des procédures pour la fermeture de l’aéroport de Yoff.

La nouvelle plateforme aéroportuaire dénommée  l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass  est situé à 47 kilomètres au sud-est de Dakar, entre Diamniadio et Sindia. À l’ouverture de cette infrastructure de dernière génération,  quelques  de 3 millions de passagers emprunteront cette plateforme  annuellement. Mais elle est conçue de façon à pouvoir accueillir jusqu’à 10 millions de passagers par an. Un joyau qui va booster le développement économique du Sénégal.

Composé d’un aérogare de passagère de 42.000 mètre carrée, une piste d’atterrissage de  dernière génération de 3,5 kilomètre sur 75 mètre, le nouvel aéroport a une tour de contrôle capable d’accueillir les plus gros avions, en l’occurrence l’airbus A380.




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