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Didier Raoult fustige la gestion de la crise en France et l’organisation “totalement archaïque” du dépistage


Didier Raoult a critiqué mercredi devant l’Assemblée nationale l’organisation “totalement archaïque” des tests de dépistage du Covid-19 en France, qui a empêché selon lui de les utiliser de façon plus large.

Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 25 Juin 2020 || 96 partages || 0 commentaires

"La manière dont ça s’est organisé est totalement archaïque”, a-t-il estimé devant la commission d’enquête sur la gestion de la crise du coronavirus, faisant référence au système des centres nationaux de référence.

La France a perdu un temps précieux

Le test de diagnostic moléculaire du Covid-19 a été mis en place dès le 17 janvier par l’Institut Pasteur, centre national de référence (CNR) pour les virus respiratoires avec les Hospices Civils de Lyon, mais il a ensuite tardé à être déployé sur le territoire, ont estimé à plusieurs reprises les députés membres de la commission. “L’idée qu’on ne pouvait pas faire les tests n’était pas vraie”, a jugé Didier Raoult, qui dirige l’IHU Méditerranée Infection, à Marseille, pour qui la centralisation au niveau du CNR a fait perdre beaucoup de temps et n’était pas nécessaire.

Comme “des blaireaux dans leur terrier”

Ce système de “petits CNR” conduit leurs responsables à “considérer que la maladie est leur territoire”, comme des “blaireaux dans leur terrier qui mordent si on s’en approche”, a-t-il fustigé. “Je ne suis pas d’accord avec la décision qui a été prise de ne pas généraliser les tests”, a-t-il également déclaré, estimant qu’”on ne peut pas étudier” une maladie nouvelle “si on ne teste pas”. “Ce qu’on a déduit sur la maladie, on l’a déduit à partir de la grippe et ce n’était pas vrai”, a-t-il ajouté.

 

Conflits d’intérêt dans la recherche

Multipliant les affirmations difficilement vérifiables, les digressions historiques et les citations philosophiques, Didier Raoult a à plusieurs reprises au cours des trois heures d’audition mis en cause les “conflits d’intérêt” au sein des instances de recherche médicale et du Conseil scientifique créé le 11 mars pour éclairer les décisions du gouvernement. Éphémère membre de ce conseil, il a expliqué l’avoir quitté parce que les questions qui y étaient discutées, comme le confinement, “ne (le) concernaient pas”, regrettant que les choix de recommandations thérapeutiques aient été faits à l’extérieur de cette instance. “Je ne suis pas un homme de réunion, je suis un homme de données”, a-t-il avancé.

Le chercheur a également mis en cause le recours excessif aux modélisations mathématiques, une “croyance (...) qui finit par être de la religion”.

Hydroxychloroquine contre remdesivir

Le Pr Raoult a aussi renouvelé devant la commission d’enquête l’affirmation selon laquelle certains détracteurs de l’hydroxychloroquine seraient financièrement liés au laboratoire Gilead, fabricant du remdesivir, autre molécule dont l’efficacité est testée dans le traitement du Covid-19. “Je ne dis pas qu’ils ont été achetés pour ça”, a-t-il tempéré, évoquant “un écosystème”, des “relations de familiarité” “de nature à changer le jugement des choses”. Il a assuré avoir lui-même fait l’objet de menaces provenant de “celui qui avait reçu le plus d’argent de Gilead depuis six ans”, sans le nommer.

Face aux demandes de précision des députés, le microbiologiste les a notamment renvoyés à la consultation de la base de données Transparence Santé, qui recense les liens d’intérêt entre les entreprises et les acteurs du secteur de la santé.

Des “accusations extrêmement graves”

“Vous avez porté des accusations extrêmement graves”, a résumé en conclusion Eric Ciotti (LR), rapporteur de la commission, assurant que ses membres allaient “explorer cette voie” et “en tirer toutes les conséquences”. 

Raoult fustige l’interdiction décrétée

Le chercheur marseillais a par ailleurs regretté que dans cette crise sanitaire, des “décisions médicales” aient été “préemptées par le politique”, référence à l’interdiction de prescription de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 pour les médecins de ville, interdiction ensuite étendue le 27 mai à l’hôpital, sauf dans le cadre des essais cliniques. “Que l'État se saisisse de tâches qui sont du soin usuel à la place des médecins et leur interdise des choses qui sont banales, je ne suis pas d’accord”. “Les médecins doivent faire pour le mieux pour leurs malades en leur âme et conscience, en fonction de l’état des connaissances. Les priver de ça, j’ai des doutes sur le fait que ça soit constitutionnel”, a estimé Didier Raoult.
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