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Être candidat à une élection au Mexique, un pari qui peut conduire à la mort


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 20 Juin 2018 || 46 partages || 0 commentaires

 

C’est “pratiquement une peine de mort” que d‘être candidat à une élection au Mexique. Cette remarque est à prendre très au sérieux dans ce pays, où les homicides ne se comptent presque plus. Explications.

Mario Alberto Chavez est candidat pour Nueva Alianza (une branche dissidente du Parti révolutionnaire institutionnel, PRI, du président Enrique Peña Nieto, voir photo). Âgé de 35 ans et père d’un enfant, ce candidat à la mairie de Zumpango, dans le violent Etat de Guerrero, met tout de suite le doigt sur le problème. C’est “pratiquement une peine de mort” que de se présenter à une élection au Mexique, dit-il. Et l’homme en sait quelque chose.

Le 18 avril dernier, alors qu’il dînait tranquillement dans un restaurant, un homme armé a ouvert le feu dans sa direction. Trois des collaborateurs de Chavez ont été blessés par le tireur, tandis que le candidat Chavez s’en est sorti indemne. “J’ai demandé plein de fois (aux autorités) de me donner des gardes du corps, mais ils continuent de m’ignorer”, dit-il.

Je tiens le gouvernement responsable de ce qui continue de nous arriver...

En effet, aux dires de Renato Sales, chef de la Commission nationale de sécurité, sur 49 demandes de garde du corps effectuées par des candidats au niveau fédéral, seules 12 ont reçu une suite favorable. Cinq demandes de ce genre ont été rejetées, tandis que 32 d’entre elles restent encore en suspens.

Quand des candidats prennent leur sécurité en main

Que font certains candidats face à une telle situation ? Ils se prennent en charge sur le plan sécuritaire. C’est ce qu’a décidé de faire Nestora Salgado, candidate au Sénat à Guerrero pour Morena, le parti de gauche du candidat favori à la présidentielle, Andrés Manuel Lopez Obrador. Et la candidate semble maîtriser le sujet.

Autrefois à la tête (commandante) d’une section de “police communautaire” (des civils armés qui se substituent à la police dans le but de protéger leurs quartiers), Salgado recrute dans les rangs de ses hommes pour former sa garde rapprochée, sa demande pour gardes du corps ayant été rejetée. Et pourtant, la candidate affirme sur tous les toits avoir reçu des menaces de mort et trouvé devant la porte de sa maison… des chiens décapités.

Pour Nestora Salgado, le coupable n’est pas loin ; “je tiens le gouvernement responsable de ce qui continue de nous arriver” comme candidats, lâche-t-elle.

De son côté, Chavez avait simplement décidé de jeter l‘éponge après la tentative d’assassinat du 18 avril, suivie d’incessants appels téléphoniques ponctués de menaces de mort. L’homme s’est finalement ravisé. “Mais j’ai décidé que ça valait la peine de continuer, pour sortir ma communauté de la pauvreté et de l’insécurité. Nous avons décidé de ne pas faire de meetings, de faire (plutôt) du porte-à-porte” à Zumpango, ville de 25.000 habitants.

Le Mexique est un pays visiblement tourné vers la violence et les chiffres parlent d’eux même. Depuis le début en septembre dernier de la campagne des élections générales (scrutin prévu pour le 1er juillet prochain), ces sont 114 hommes et femmes qui ont été assassinés. Ce chiffre provient du cabinet de consultants Etellekt.

Toujours selon ce cabinet, les candidats ont dû essuyer 417 attaques depuis septembre, dans le contexte des élections qui approchent à grands pas.

Ces élections de juillet sont déterminantes. Elles permettront de trouver un successeur à Peña Nieto et plus de 18.000 dirigeants aux niveaux fédéral, régional et local. Les tensions sont donc à la hauteur des enjeux.


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