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Évasion: 2 ans ferme requis contre des matons de la prison de Rufisque


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 22 Décembre 2017 || 198 partages || 0 commentaires

Évasion: 2 ans ferme requis contre des matons de la prison de Rufisque
Deux gardes pénitentiaires et leur complice ont fait face hier, au tribunal correctionnel de Dakar. C’est suite à l’évasion de quatre détenues de la prison pour femmes de Rufisque, à savoir une Française, une Ghanéenne, une Guinéenne et une Sud-Africaine. Les gardes et leurs co-prévenus risquent entre 2 et 3 ans de prison 

En 2012, l’évasion de ces quatre détenuesde la prison pour femmes de Rufisque avait défrayé la chronique. Ces dernières étaient, en effet, condamnées par la Cour d’assises pour trafic international de cocaïne. 

Les faits se sont déroulés, courant juin 2012, dans la nuit du 5 au 6, vers 4 heures du matin d'après les éléments de l’enquête menée par la section de recherches de la gendarmerie, les pensionnaires avaient demandé à sortir de leur cellule afin de se soulager dans les toilettes extérieures. 

Seulement, de retour dans leur chambre, la garde pénitentiaire dit avoir "oublié" de fermer la porte et l’occasion fut saisie par ces dernières pour fuir. Mais l’enquête révèle qu’au moment de l’évasion, aucun des gardes pénitentiaires n’étaient à son poste. Ce qui leur a valu une comparution devant le tribunal correctionnel de Dakar, pour association de malfaiteurs et négligence ayant facilite une évasion. 

En garde la nuit des faits, Angélique Bassène n’a pas reconnu la négligence, mais a admis que c’est elle qui a ouvert la porte de ces pensionnaires évadées. Et qu’elle n’avait refermé ni le crochet ni le cadenas. 

Devant le juge, la garde pénitentiaire a expliqué que les toilettes de la chambre 3 n’étaient pas fonctionnelles, c’est pourquoi elles sortent faire leurs besoins à l’extérieur. « Quand elles ont fini, elles ont regagné leur cellule. Ce sont les autres détenues qui ont toqué à la porte pour dire qu’elles sont sorties. jJétais au niveau du poste de police, mais j’ai quitté un moment pour aller à la cuisine. Mais c’était la responsabilité du chef de poste de vérifier si toutes les portes sont fermées », s’est-elle défendu. 

Poursuivi pour les mêmes faits, Alioune Faye, agent pénitentiaire à la retraite depuis, confie pour sa part qu’au moment des faits, il était au niveau du camp de garde, c’est à dire son temps de repos. « J’étais au niveau du camp de garde à partir de 22 heures et jusque vers 23 heures. J’avais quitté mon lieu de travail pour aller chez moi, mais c’était vers 21 heures », a expliqué l’ancien garde qui soutient que les détenues n’ont pu s’évader qu’en escaladant le mur de l’établissement. D’ailleurs, une chaise aurait même été trouvée sur les lieux après leur cavale. 

Mais cette thèse ne saurait tenir d’après le parquet, qui soutient que la configuration de la prison ne permet pas ce type d’évasion 

Les matons avaient oublié de renfermer la porte à clé 

Ibrahima Goumbassa, qui se trouve être l’oncle d’une des détenues évadées, est quant à lui poursuivi pour association de malfaiteurs et complicité d’évasion. En effet, selon l’enquête, il aurait facilité la mission prisonnière. Mais il a nié les faits, selon lui, le jour des faits, il est passé à la prison pour une simple visite de courtoisie à sa nièce. « J’étais passé voir Madeleine et les deux autres. Je n’étais pas en contact avec aucun parent des évadées. Après mon passage, on m’a informé tôt le matin que ma nièce s’était évadée », a-t-il dit à la barre. 

Mais ce qui est suspect dans son cas, c’est que le sieur Goumbassa a apporté les bagages de sa nièce en Guinée. Un frère d’une des évadées, lui a même envoyé de l’argent. Mieux, la nuit des faits, une des détenues l'appelé par téléphone. Suffisant pour que le parquet retienne sa culpabilité, avant de requérir 3 ans de prison à son encontre. « Il était impossible pour ces détenues de quitter la prison en passant par le mur, ça été bien organisé. Au-delà de la négligence, il y a une action concertée. Il revenait à Faye, en tant que chef de brigade, de vérifier. Il s’agit en réalité des faits graves, ce sont des fonctionnaires peu soucieux de la règlementation », a dit le maître des poursuites, avant de demander la requalification les faits de négligence en complicité d’évasion. Il a demandé qu’on décerne un mandat de dépôt à tous les prévenus. 

Quant à la défense, elle a plaidé pour la relaxe au bénéfice du doute. Selon Me Abou Diaby Kane, « deux ans pour une négligence qui n’est même pas prouvée, c’est exagéré. Le dossier ne prouve pas les conditions dans lesquelles elles se sont évadées. Il faut prouver l’existence d’une intention coupable, c’est Goumbassa qui détient la vérité qu’il ne veut pas dire ». 

Le délibéré sera connu le 18 janvier prochain. 






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