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Exclusif: les raisons de l'arrestation du capitaine Mamadou Dièye dévoilées


Dans les colonnes de Dakar Times, il a livré les raisons (floues) qui l'ont poussé à claquer la porte de la Grande muette, retracé son parcours, du lycée à sa dernière mission au Soudan en passant par Saint-Cyr et l'Université Gaston Berger, et décliné ses ambitions… politiques.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 12 Mai 2018 || 3274 partages || 0 commentaires

Exclusif: les raisons de l'arrestation du capitaine Mamadou Dièye dévoilées
Le capitaine Dièye est âgé de 35 ans. Il a déposé sa démission, le 22 janvier 2017. Il a remis la correspondance à son supérieur hiérarchique, le lieutenant-colonel Assane Seck, chef du 25e bataillon de reconnaissance et d'appui à Bignona. Mais depuis lors, sa demande reste lettre morte. 

La présidence bloque tout 
Macky Sall serait au courant. "On lui (le chef de l'État) a dit que j'ai déposé une demande de mise en retraite anticipée, révèle l'ex Saint-Cyrien. J'ai soumis cette demande qui a été rejetée. J'ai déposé une demande de résiliation de contrat, pareil. Finalement, je me suis entretenu avec mon chef pour lui dire, honnêtement, que je souhaite quitter et le faire de la plus belle des manières." 

L'entretien se passe bien. Le "chef" appelle la chancellerie. Le commandant Ngom, au bout du fil, informe Dièye qu'il peut demander une disponibilité. Quid des chances qu'une telle requête soit satisfaite ? "Sans souci", assure le commandant. 

"Je suis resté au camp, se souvient le militaire démissionnaire. Et, il fallait une permission même pour aller chez moi alors que le règlement militaire me l'autorisait. Ils ont refusé. Donc dans la hiérarchie, la demande a été signalée. (La balle était dans le camp de) l'État-major des militaires qui se trouve au niveau du palais. C'est le bureau qui reçoit les dossiers qui doivent être traités par le président de la République. Ils ont bloqué le dossier." 

L'aide de camp de Macky et ABC saisis… 
Las d'attendre une réponse qui ne viendra pas, le militaire décide de quitter le camp. Il prit le soin, selon son récit dans Dakar Times, d'écrire à son "chef de corps pour lui dire que non seulement dans le règlement militaire quand on officier soumet une demande, au bout de deux mois, l'autorité doit donner une décision, (mais en plus) la hiérarchie a commis assez de fautes", et que tout cela combiné justifierait son départ. 

Aussi, confie-t-il, il recueille l'avis du président du tribunal de Bignona, qui lui "dit que dans l'administration, si vous soumettez une demande au bout de 90 jours, vous êtes libre". C'est fort de cet avis que le capitane Dièye rentre chez lui. Il n'est pas inquiété. Arrivé à Dakar, il contacte le colonel Meïssa Ndiaye, aide de camp du chef de l'État. Ce dernier, d'après le capitaine Dièye, lui promet, après avoir vérifié que toutes ses requêtes étaient légales, de lui trouver un rendez-vous avec le Chef d'État-major général des armées (Cemga). 

Le temps passe, rien. Dièye se tourne vers le médiateur de la République, Alioune Badara Cissé. Ce dernier lui aurait donné raison. Mais rien ne bouge. Il a troqué son treillis contre ses habits de civil, alors qu'officiellement il est toujours sous les drapeaux. Se payant même le luxe de créer un mouvement dénommé Nit (être humain, en wolof) avec l'ambition de participer à la troisième alternance au Sénégal l'année prochaine. 

L'Armée : politisée "de fond en comble" 
"Je n'ai qu'une chose à dire : le président de la République n'a qu'à signer ma demande de démission, exige le capitaine Dièye. S'il a réellement confiance en ce qu'il est, il n'a qu'à signer ma demande et en 2019, on le fera tomber avec mon mouvement et tous les Sénégalais." 

La capitaine Mamadou Dièye est resté très évasif quant aux raisons qui l'ont poussé à décider de tourner le dos à l'Armée. Dans les colonnes de Dakar Times, ici, il invoque "des valeurs", "une éthique" et "un professionnalisme" qui auraient déserté les casernes. Là, il parle de difficiles conditions de vie dans l'armée, de perte de conviction, d'obstacle à "la production intellectuelle"… 

Il est persuadé que l'Armée est politisée "de fond en comble". Ce qui fait que "le nombre de démissionnaires (y) est absolument incroyable". Le capitaine Dièye confie avoir égrené les maux des militaires dans un livre intitulé La grande muette parle. Mais l'ouvrage n'est pas sorti. Certains spécialistes ont convaincu l'auteur que la publication du livre "mettrait en danger les soldats en Casamance".

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