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Incendie à Mbebeuss : « On a découvert des restes humains »


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 26 Décembre 2016 || 725 partages || 0 commentaires

Incendie à Mbebeuss : « On a découvert des restes humains »

Le drame à Mbebeuss n’a pas encore dévoilé ses secrets. Après un bilan macabre estimé à 4 morts, des témoins sont revenus sur les faits. Ancien président du collectif des recycleurs sur la plateforme, Aliou Faye est de ceux qui étaient sur le site au moment du drame. Il fait partie des 800 membres qui y travaillent officiellement.

Retrouvé à Mbebeuss, alors qu’il faisait l’état des lieux, il a pointé un doigt accusateur sur les responsables de la gestion des ordures. «C’est l’attitude des agents de l’Unité de coordination de la Gestion des déchets solides (Ucg) qui est à l’origine de cet incendie. Ces gens-là, au lieu d’orienter les véhicules vers la plateforme principale, ont tendance à les dérouter pour les orienter vers des poches. C’est la gestion de ces poches qui favorise ces feux récurrents dont on voit les fumées de loin, tout le temps». Selon lui, les flammes, attisées par le vent ont causé le violent incendie.

«C’était le sauve-qui-peut général»

«Quand on a constaté la progression rapide de l’incendie, il était difficile de s’organiser pour maîtriser le feu. Je peux dire qu’il était même devenu trop difficile de se dégager de cette zone où s’était déclaré le feu. Parce qu’il nous était devenus trop difficile de voir où mettre les pieds pour se sauver à cause de la fumée noire. C’était des fumées âcres qui rendaient la vue difficile et qui piquaient même les yeux. Il y avait le ‘’sauve-qui-peut’’ général. On entendait des cris de partout. J’ai pu entendre des cris de détresse d’une personne prise au piège par les flammes qui disait ‘’Wooy wooy ! Maa ngi dee nieuw len walu meu (Au secours, je meurs, à l’aide). Des cris stridents, puis le silence. On en conclut, ainsi que c’était fini pour elle. Après l’extinction du feu, on a parcouru la zone du sinistre pour faire l’état des lieux, c’est alors qu’on a découvert des restes humains. L’on a pu voir une tête humaine et des os, dans le site. C’est vous dire qu’on n’a pas pu trouver une dépouille identifiable. Juste quelques ossements humains noircis par les flammes», confie-t-il avec regret. Ce, en indiquant que les incendies sont récurrents ici, mais que celui-ci demeure le plus dramatique de tous ceux qui ont été enregistrés sur le site.

Son collègue Serigne Fall, interrogé auparavant, a affirmé que le bilan est plus important qu’on ne le pense. Recycleur, récupérateur, responsable politique de l’Apr au niveau du site, il est d’avis qu’on ne peut vraiment pas chiffrer les pertes. «Nous pensons que le bilan est plus grave qu’on ne le pense. Nous pensons que c’est au moins 4 personnes qui ont perdu la vie dans cet incendie. On a constaté beaucoup de personnes disparues. Il y a aussi beaucoup de blessés. Ils sont au nombre de 40. Certains ont été évacués pour les premiers soins mais ils sont quasiment tous rentrés chez eux, après. Mais, nous souhaitons qu’on les suive médicalement. Actuellement, il y en a un qui est là à coté, c’est un malade mental. Il a des brûlures mais son évacuation n’a pas été faite», indique-t-il.

«L’incendie a été causé par les …»

Dans les ruines de ce qui fut les lieux de collecte des objets, les sinistrés ont situé les responsabilités. «L’incendie a été causé par les places clandestines. Les exploitants de ces places clandestines, après avoir recyclé ce qu’ils voulaient, avaient tendance à bruler le reste pour ne pas encombrer leur espace. C’est ce feu qui s’est propagé. Quand je dis place clandestine, je parle de ceux qui détournent les véhicules au détriment des récupérateurs. Ils envoient les véhicules vers ceux qui leur donnent de l’argent. C’est vous dire que c’est de la corruption. Nous avions dénoncé cela, mais en vain».

Convaincu que «les autorités font la sourde oreille», il a lancé un appel au président de la République,  Macky Sall et à toutes les autorités du pays. Un appel pour leur demander «de venir, très rapidement en aide aux sinistrés de cette décharge de Mbeubeuss. La plupart des femmes qui travaillent ici,  sont des veuves qui gèrent leurs familles».



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