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Jeune tué à Nantes: la famille se constitue partie civile


La famille du jeune homme tué par un CRS lors d'un contrôle à Nantes va se constituer partie civile, a annoncé son avocat samedi, après la mise en examen du policier et une nouvelle nuit de tensions.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 7 Juillet 2018 || 88 partages || 0 commentaires

Jeune tué à Nantes: la famille se constitue partie civile
La famille se constituera partie civile dès lundi", a déclaré à l'AFP Loïc Bourgeois, avocat de la mère et de la soeur d'Aboubakar Fofana, 22 ans, originaire de Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise). Pour l'heure, "ils veulent qu'on les laisse tranquilles, avec leur drame", a-t-il ajouté. 

Police visée
La mort du jeune homme a provoqué quatre nuits consécutives de violences urbaines dans les quartiers dits "sensibles" de Nantes. La nuit de vendredi a samedi a cependant été plus calme que les précédentes, selon la police. On dénombre ainsi 35 véhicules incendiés sur toute l'agglomération, notamment à Saint-Herblain, Orvault, Rezé et dans les quartiers nantais du Breil et de Bellevue. 

Gendarmes mobiles et CRS ont essuyé des jets de cocktails Molotov au Breil et à Bellevue et ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Un début d'incendie a touché un bâtiment du bailleur social Nantes Habitat dans le quartier du Breil. Les forces de l'ordre ont levé leur dispositif vers 04H30 du matin.

Mis en examen
Avant que ces incidents n'éclatent, le policier auteur du tir avait été libéré sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du procureur de Nantes Pierre Sennès. Il a été mis en examen pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". En garde à vue, le brigadier-chef a reconnu avoir menti lors de sa première audition libre où était évoquée la légitime défense. 

Le CRS a indiqué "qu'en réalité il (avait) tenté de se pencher dans l'habitacle du véhicule conduite par le jeune pour saisir le volant et essayer d'arrêter la manoeuvre" de fuite engagée en marche arrière par le conducteur, a relaté le procureur. "C'est à ce moment là, indique-t-il, dans le cadre de ce qu'il appelle un corps-à-corps, que le coup de feu est parti accidentellement pour toucher mortellement le conducteur", a ajouté M. Sennès lors de sa conférence de presse vendredi. "Il ne m'appartient pas (?) d'arbitrer ce soir entre ces différentes versions. Je m'en tiens à la qualification pénale des faits", avait ajouté le procureur. 

La victime sous le coup d'un mandat d'arrêt
Aboubakar Fofana, sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs", a été touché au cou par le tir du policier mardi vers 20H30. Il est mort peu après à l'hôpital. "C'est incompréhensible que le policier soit remis en liberté" sous contrôle judiciaire, estime Saïd, un responsable associatif habitant du Breil. Même "incompréhension" pour le chef d'inculpation: "Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, on tue sans faire exprès alors. C'est les Bisounours", a-t-il lancé à une journaliste de l'AFP. 

"Comment ça peut être un tir accidentel quand tu as sorti ton arme et déclenché la sécurité", s'interroge-t-il, estimant que la nouvelle version du policier est "un second mensonge". "On est en train de récolter des témoignages et personne n'a vu de prétendu corps-à-corps. Le policier était debout, mains tendues et a fait boum", soutient Saïd. "On fera le nécessaire pour que la vérité éclate ", renchérit Chris, 36 ans, médiateur et un "grand" du quartier du Breil. "La colère est loin d'être retombée et elle ne s'arrêtera pas tant que justice ne sera pas faite", ajoute-t-il. "On va poursuivre notre travail de conviction auprès de ceux qui ont des hésitations à témoigner" a-t-il assuré. 

Dégradations
Depuis le début des violences urbaines, de nombreux bâtiments publics ont été incendiés ou dégradés dans l'agglomération nantaise, notamment des mairies annexes, maisons des habitants, lycée, école, etc. Samedi, la ville de Nantes a proposé aux habitants de donner des livres pour aider à reconstituer les collections des bibliothèques associatives des Dervallières et de Malakoff, toutes deux incendiées durant la semaine. 

"A cet effet, des bacs sont mis en place dans les bibliothèques et médiathèques de Nantes pour recevoir les dons de livres au bénéfice de ces deux bibliothèques associatives", a indiqué la mairie dans un communiqué.

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