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Karim Xrum Xax : « Je ne demande aucune faveur du gouvernement pour… »


Abdou Karim Guèye alias Karim Xrum Xax a écrit une lettre depuis la prison pour s’adresser aux Sénégalais. Pour rappel, l’activiste a été condamné à 3 mois de prison ferme par le juge du tribunal de Dakar, pour outrage à agent, provocation à un attroupement armé.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 19 Mai 2020 || 232 partages || 0 commentaires

FORCE À LA FOI
Par Abdou Karim Gueye,

À mes chers compatriotes,

Ce mercredi 13 Mai 2020, j’ai été condamné à une peine de 03 mois de prison ferme.

A ma grande surprise, depuis ma cellule, je reçois l’information selon laquelle « Abdou Karim Gueye a demandé pardon au juge », ce qui n’est que diffamation à l’encontre de ma personne.

D'abord, avec humilité et respect, j’ai répondu aux questions posées. Ensuite, lorsque Monsieur le juge m'a dit que je ne connaissais ni le Coran ni mon sujet et donc que je ferais mieux de me taire, je lui ai répondu que tous les droits m’y autorisaient, car en tant que musulman, j’ai le droit et le devoir de me battre pour la réouverture des mosquées et que même s’il me libère, j’y retournerai avec la même ardeur. J’ai poursuivi en lui disant que moi, Abdou Karim Guèye, je n’ai jamais insulté une quelconque personne, car les insultes ne font pas partie de mes principes.

Je prends le monde à témoin que je ne demande aucune faveur du gouvernement pour être libéré.

Cette condamnation est plus qu'arbitraire à l’encontre de ma personne.
Ayant une confiance aveugle en mes avocats, que je remercie au passage, je purge ma peine carcérale avec dignité, bravoure et une foi inflexible, invincible et inébranlable.

À tous ceux qui s'inquiètent pour mon état de santé, je vous rassure. Je me porte très bien, je ne me plains d’aucune douleur.

Je ne saurais terminer cette lettre sans parler des agents pénitentiaires qui vivent le martyre en cette période de Covid-19. Ces derniers ont passé 03 mois à l'intérieur des prisons de Dakar, sans femmes ni enfants, avec des salaires payés à moitié. Lorsqu’ils reçoivent leurs «ndogou», ils le partagent avec les détenus, tout comme on partage de petits pains.

C’est pour ce genre d'injustice que l’on se bat et tous les agents pénitentiaires et policiers sont des frères, pour lesquels nous ne resterons pas indifférents.

Le combat continue...
« Duñu ma tëj kaso ba noppi bëgg maa toroxal»

DakarFlash3



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