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L'Erythrée a beaucoup à gagner d'un rapprochement avec l'Ethiopie


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 5 Juillet 2018 || 56 partages || 0 commentaires

 

Le président érythréen Issaias Afeworki, à la tête d’un des régimes les plus fermés et répressifs au monde, a surpris en acceptant la main tendue par le Premier ministre éthiopien Ahmed Abiy, une initiative qui pourrait mettre un terme à des années d’hostilité entre leurs pays.

Les deux dirigeants devraient bientôt se rencontrer, après la promesse de M. Abiy d’appliquer l’accord de paix signé en 2000 avec l’Érythrée et les conclusions d’une commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

Asmara avait toujours refusé de discuter tant que l’Éthiopie occuperait les zones contestées. Mais conscient d‘être confronté à une opportunité historique, M. Issaias a accepté de négocier.

Il est probable que l'amélioration des relations entre l’Éthiopie et l'Érythrée favorisera la réintégration de l’État érythréen sur la scène internationale

Quel rôle a joué la querelle frontalière pour l’Érythrée ?

L’Éthiopie et l‘Érythrée, une de ses anciennes provinces devenue indépendante en 1993 après trois décennies de conflit, se sont livré entre 1998 et 2000 une guerre meurtrière (80.000 morts).

Après cette guerre, M. Issaias a imposé un régime autoritaire, justifié par la menace éthiopienne. Le basculement a eu lieu en 2001, avec une purge brutale dans les hautes sphères du pouvoir et la presse.

Au pouvoir depuis 1993, le président érythréen a aussi soumis son peuple à un service militaire à durée indéterminée et refusé de mettre en œuvre la Constitution ou d’organiser des élections.

“Le pays a été mis sur pause pendant 20 ans et tout a tourné autour” de la question frontalière, résume pour l’AFP Abraham Zere, un journaliste érythréen en exil, directeur du centre PEN Eritrea.

L’Éthiopie a entretenu l’animosité érythréenne en refusant d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière.

L’Érythrée est-elle prête à la réconciliation ?

Le président Issaias prend un risque, car un rapprochement pourrait le contraindre à ouvrir l’espace politique dans son pays. Mais il n’a peut-être pas d’autre choix, son attitude passée à l‘égard d’Addis Abeba ayant mené l’Érythrée dans l’impasse.

Accusé de violations des droits de l’homme, son régime a longtemps été tenu pour paria par la communauté internationale. Et la conscription a poussé une grande partie de la jeunesse érythréenne à émigrer.

A 72 ans, M. Issaias tient peut-être aussi à laisser à la postérité une autre image. “Je crois que cette fois-ci il est sincère et qu’il est probablement conscient que c’est la seule solution”, estime M. Abraham.


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