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Mame Thierno ou Borom Darou


Quelques jours après le magal de Darou Moukhty, retour sur la vie d’un homme d’une dimension unique. Exemple pour les jeunes…

Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 15 Mai 2017 || 835 partages || 0 commentaires

 

Ibrahima Faty Mbacké, plus connu sous le nom de Mame Thierno ou Borom Darou est né à Porokhane en 1862 selon plusieurs sources. Frère cadet de cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, dont il sera le bras droit, Mame Thierno fait partie des soufis et homme de Dieu que compte le Sénégal.

A la disparition de leur père Mame Mor Anta Saly, Cheikh Ahmadou Bamba ne réclamant que le coran de ce dernier et la garde de son jeune frère Ibrahima Faty Mbacké encore enfant à l’époque. Serigne Touba dira plus tard : «  J’ai façonné Ibra Faty et lui a inculqué toutes les valeurs. Sauf la dignité et le courage, il les avait déjà ». Comme pour dire que ce sont des qualités qu’un homme doit avoir au préalable pour suivre la voie de Dieu.

Il avait de qui tenir parce que sa mère Sokhna Faty Issa Diop de Koki faisait partie d’une grande famille d’érudits et de savants. Ibrahima Faty Mbacké suivra cette voie bien aidé par son illustre grand-frère.

Ibrahima Faty va passer sa jeunesse à apprendre le Coran, les hadiths et les connaissances mystiques. Il devient très rapidement l’homme de confiance de Cheikh Ahmadou Bamba. Les deux frères s’aimaient profondément. Ils avaient non seulement le même père, mais leurs mères respectives Sokhna Faty Issa Diop et Sokhna Diarra Bousso sont des cousines germaines, toutes deux petites-filles de Ahmadou Sokhna Mbacké.

Cette proximité fera d’Ibrahima Faty l’émissaire du Cheikh auprès de l’administration coloniale et son représentant au sein de la communauté des disciples. De 1895 à 1902, lors du long exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon, Ibrahima Faty mène de mains de maitres les talibés et se révèle un négociateur hors-pair face aux différents gouverneurs qui se succèdent durant cette période au Sénégal, Henri-Félix de Lamothe (1890 à 1895) Jean Chaudié jusqu’en 1900 et Noël Ballay puis Pierre Capest jusqu’en 1902. Au retour du Cheikh, il lui rendra une communauté agrandie, éduquée et disciplinée.

C’est en 1912, que Cheikh Ahmadou Bamba lui demande de fonder le village de Darou Mouhkty. Le lieu deviendra une des places fortes du mouridisme par le travail que Mame Thierno y accompli.

Mame Thierno ne se limitait pas à son rôle de guide religieux. Il était un travailleur acharné. Les récoltes record dans ses champs sont encore contées dans le Baol et le Cayor. Mame Thierno supervisait lui-même les travaux champêtres et y participait physiquement.

Dans son foyer, Mame Thierno malgré des richesses énormes provenant de l’agriculture, vivait sobrement reversant tout ce qu’il gagnait à son grand frère et guide. Il a toujours habité dans des cases peu fortunées, mangeait dans le même bol que ses talibés et n’était préoccupé que par l’accomplissement des recommandations divines. Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, les temps ont vraiment changé.

Il est important de raconter l’histoire de ces grands hommes comme Mame Thierno pour que les jeunes générations sachent réellement pourquoi de tels personnages arrivaient à se transcender jusqu’à obtenir une vie quasi-parfaite. Au-delà du « Baatin », rien que sa vie au quotidien est un exemple accessible pour tout un chacun. Digne, courageux, humble, pieux et travailleur, tel était Borom Darou !

Igfm


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