Menu
DakarFlash
DakarFlash.com

Mozambique : les voix critiques paient le prix fort


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 2 Mai 2018 || 69 partages || 0 commentaires

Enlèvements, tortures, assassinats: au Mozambique, des voix dissidentes ont payé cher leurs critiques du régime du président Filipe Nyusi. Et la peur a gagné journalistes et militants, qui dénoncent l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces crimes.

La dernière attaque du genre remonte au 27 mars. En pleine journée, deux hommes armés circulant à bord d’un véhicule sans immatriculation kidnappent à Maputo le commentateur politique Ericino de Salema. “On va te donner une leçon”, le préviennent-ils.

“Ils m’ont frappé, les jambes, les bras et les genoux avec des barres de fer. J’ai crié jusqu‘à ce que mes forces me lâchent. Puis ils m’ont laissé” dans la banlieue de la capitale, a-t-il raconté à l’ONG Human Rights Watch (HRW).
Bilan: les deux jambes et un bras cassés.

Ericino de Salema avait pris des positions très critiques vis-à-vis du gouvernement dans l‘émission Pontos de Vista (Points de vue), diffusée sur la chaîne privée STV. Il est le deuxième invité régulier à ce programme à avoir été torturé en l’espace de deux ans.

En mai 2016, José Jaime Macuane, un universitaire, avait déjà été kidnappé. “Ils m’ont dit qu’ils avaient ordre de me faire boiter”, raconte-t-il dans un entretien accordé à l’AFP.

Ses ravisseurs lui tirent quatre balles dans les jambes, et là aussi, il est abandonné dans la banlieue de la capitale.
“Est-ce une coïncidence si deux personnes qui travaillent comme commentateur pour la même émission sont victimes d’enlèvements, de violences et abandonnées dans la même région, sans qu’on ne leur vole quoi que ce soit ?”, s’interroge Jeremias Langa, journaliste pour Pontos de Vista.


DakarFlash3



Nouveau commentaire :