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Offense au chef de l’Etat : Adama Gaye, « otage » du pouvoir


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 4 Septembre 2019 || 89 partages || 0 commentaires

La libération du journaliste Adama Gaye, poursuivi pour offense au chef de l’Etat, ne serait qu’une question d’heures et de minutes. Il fera face au Doyen juge qui va l’entendre dans le fond de son dossier. Ses avocats qui ont informé de sa maladie, ont même parlé d’un état de santé incompatible avec la détention, surtout dans une prison comme celle de Rebeuss.

 Un poids, deux mesures

 

Sauf extraordinaire, le journaliste et spécialiste des questions pétrolière, Adama Gaye, fera face au Doyen des juges, Samba Sall, ce mercredi 4 août 2019, à midi. Très mal-en-point à cause d’une maladie qui le ronge présentement, son avocat, Me Khoureychi Bâ, a regretté la démarche du « un poids, deux mesures » dont a fait montre la justice au détriment de son client, comparativement au cas Guy Marius Sagna qui a été traité dans un délai raisonnable.

Épée de Damoclès

 

De mémoire de Sénégalais, la justice n’a pas encore condamné un prévenu pour le délit d’offense au chef de l’Etat, fussent-ils des propos jugés « injurieux » à l’encontre de l’institution présidentielle. Toutefois, nul ne saurait cautionner des insanités débitées par un insulteur public ou privé à l’endroit de quelque individu. Mais un concours de circonstances alliant des intérêts politiques et des soucis de sauvegarde de la démocratie, n’offre pas une bonne compréhension de l’applicabilité de l’article 80 qui consacre le délit d’offense au chef de l’Etat et qui pend sur la tête de l’opposition et des journalistes comme une épée de Damoclès.

 Contradiction

Il se trouve également que le niveau démocratique de notre pays doit transcender certains détails, surtout que la liberté d’expression ne s’accommode pas avec un délit d’opinion. Assez contradictoire, et des fois difficile à cerner, ce problème, parce que jusque-là, il n’y a pas de délimitation entre l’institution que représente le président de la République et son statut de chef de parti qui le met au centre du jeu politique où ses adversaires ne lui feront aucun cadeau.

 Garanties de représentation

A près de 70 ans, Adama Gaye qui loge à la chambre 1 de la prison de Rebeuss, n’est pas mieux loti qu’un petit agresseur. Aussi bien sa notoriété que son parcours professionnel, sa famille représentent des garanties de représentation pour qu’il rentre chez lui. En tout cas, le Doyen des juges, Samba Sall, lui avait fait un faux bond la semaine dernière, alors que son audition dans le fond était annoncée. Mais pour aujourd’hui, ses avocats espèrent obtenir sa libération, après plus d’un mois de privation de liberté, pour le moins injustifiée.


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