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Peut-on concevoir la vie estudiantine comme une période de transition? (El hadji Thiam)


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 26 Décembre 2019 || 129 partages || 0 commentaires

Il est clair que l’Université n’existe plus qu’en tant qu’ entité ou organisation complexe et unique. Elle étend davantage son influence et ses horizons en dehors des campus confinés.  Autant dire que l’Université correspond à la fois à un vaste espace de confinement des privilèges économiques et de dynamiques sociales en rapport avec l’extérieur.
En effet, dans cette réalité il faudra comprendre que l’Université constitue une sorte de passage obligé pour beaucoup d’étudiants espérant trouver des solutions par rapport à leur vie, en particulier du point de la recherche d’emploi et de stabilité sociale. Ils sont par ailleurs nombreux ces étudiants qui parcourent l’Université en cycle, pendant une période souvent imprécise, avec une ambition bien réelle de vaincre la misère sociale après avoir terminé un cursus plus ou moins complexe.

Pour eux, l’Université est presque un moment de découverte, de connaissance et d’enseignement sur le long terme. S’y ajoute cette opportunité positive qui s’offre à tous ceux-là qui viennent d’horizons divers et, pour qui, l’Université constitue pratiquement un projet de maturation.

Évidemment, les communautés estudiantines développent au sein des universités des rituels d’alliance réciproque et constructive en liaison avec leurs cultures d’origine et leur éducation sociale. Ce qui renforce d’un certain niveau la logique de coopération et d’enrichissement sur le plan culturel, humain et social.  En d’autres termes, les universités sont devenues des points d’ancrage clés dans leurs communautés locales et centres régionaux d’activités économiques.

Dans les universités au Sénégal, on constate des types de production économique développés par les étudiants eux-mêmes au sein des campus afin de subvenir à leurs besoins. Des formes de travail manuel ou électronique qui poussent certains apprenants à cultiver très tôt le sens de la responsabilité sociale. Apprendre ainsi à faire bon usage de sa liberté à des périodes souvent difficiles. C’est à cela qu’il faudra, peut-être, penser lorsqu’on est appelé à suivre un cursus universitaire pas du tout envisageable selon des termes simples.

La diversité des activités estudiantines nous pousse également à vérifier l’argument selon lequel le monde universitaire est en pleine mutation.  Une évidence. Aujourd’hui, il est presque difficile de compter le nombre d’initiatives prises par les étudiants dans le cadre de l’entrepreneuriat social, économique, voire même professionnel. Ils sont davantage conscients du fait qu’il faut développer des initiatives sociales et professionnelles au sein de leurs cadres pédagogique et social, de manière à impacter la manifestation de la réussite. Des étudiants sont au cœur d’activités pédagogiques et professionnelles de grande ampleur, en souscrivant à une logique de participation très simple. Ils réfléchissent ensemble par rapport à des activités caritatives, de soutien et de renforcement des liens communautaires.

C’est vrai qu’on parle actuellement de plus en plus d’internationalisation, à propos justement de la mobilité des diplômés et des jeunes entrepreneurs. Mais nous sommes d’avis que l’Université fonctionne à juste titre comme une transition sociale car beaucoup espèrent trouver la vie qu’ils souhaitent en son sein. L’Université est non seulement un type d’organisation reconnu par la variété de ses activités mais aussi un espace de socialisation accrue. Par conséquent, l’enseignement supérieur est un excellent moyen de se prémunir contre l’instabilité future, un marqueur d’adhésion à la complexité sociale et économique.

El hadji Thiam, chroniqueur d’opinion

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