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Pour avoir poignardé son ami Mamadou Lô: Thierno Dieng alias «Ndama» encourt 20 ans de travaux forcés


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 4 Mars 2020 || 81 partages || 0 commentaires

Pour avoir poignardé son ami Mamadou Lô: Thierno Dieng alias «Ndama» encourt 20 ans de travaux forcés
Le nommé Thierno Dieng dit « Ndama », la vingtaine, a comparu hier à l’audience de la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (Tgi) de Dakar. Il répondait des faits de meurtre sur Mamadou Lo. Le parquet a requis 20 ans de travaux forcés à son encontre. L’affaire est mise en délibéré pour le 17 mars prochain.

Attrait mardi à la barre de la Chambre criminelle du Tgi de Dakar, le nommé Thierno Dieng a reconnu les faits de meurtre qui lui sont reprochés sur le défunt Mamadou Lo. Les faits pour lesquels il a comparu devant la barre remontent à la nuit du 27 au 28 novembre 2016 aux environs de 21 heures. Ce jour-là, voulant se venger alors qu’il était ivre, il avait poignardé son ami de plusieurs coups de couteau sur des parties vitales. Acheminé à l’hôpital, Mamadou Lô a succombé à ses blessures après une forte hémorragie. « On s’était bagarré. Il était mon ami, on s’est connu au terrain de foot de Scat Urbam. J’étais en train de préparer du thé.

En sortant, j’ai rencontré Modou. Il me surnommait Ndama. Il m’a demandé une pièce. Je n’ai pas refusé, mais je ne disposais pas de monnaie. Il m’a pris le cou en me menaçant avec un tesson de verre tout en me rouant de coups. énervé, j’ai riposté. Je lui ai donné la mort sans en avoir eu l’intention. J’étais dans le coma, à mon réveil, on m’a dit qu’il est décédé », a expliqué l’accusé pour sa défense. Et de poursuivre : « Je ne sais pas le nombre de coups que je lui ai donnés, j’avais bu du gin ‘le vieux’ qui coûte 120 francs. J’ai ingurgité 1/2 litre mais je n’étais pas ivre ».

«D’après les témoignages reçus de tes voisins et l’enquête de moralité, tu es l’un des plus grands délinquants dans le quartier. Tu avais été impliqué dans une affaire d’agression. Tu fumes du chanvre indien et bois de l’alcool. Lors de la bagarre, ivre, tu as asséné sept coups assez violents dont trois sur le cœur et les autres à l’épaule de la victime qui a rendu l’âme. Tu avais l’intention de tuer. Même quand il est tombé, tu as continué de lui donner des coups », a fait remarquer le juge à l’accusé. Un juge qui s’est désolé de la manière dont, au Sénégal, tuer une personne est devenu très facile et banal.

Présente à la barre, la maman de la victime pleure toujours la mort de son fils et demande que la justice fasse son travail, tout en réclamant 15 millions en guise de dommages et intérêts. Selon le témoin Ousmane Diabang, guide moral et président du Dahira, c’est lors d’un « Thiant » que l’accusé a commis l’irréparable. « C’est le patron de Senzalla, il passe son temps à boire du vin » a-t-il ajouté.

Dans son réquisitoire, le procureur est revenu sur les circonstances de la mort de Mamadou Lô en insistant sur le fait que l’accusé a tellement fourni d’énergie au moment de donner plusieurs coups à la victime qu’il a fini par tomber. Et cela, après avoir ôté la vie à son antagoniste. « C’est pourquoi tu as été acheminé à l’hôpital. Aucune blessure n’a été constatée sur ton corps à l’exception de ton bras. Tu avais une intention de vengeance. Informée, la police a trouvé le corps sans vie de Modou tandis que son protagoniste, blessé, avait été évacué à l’hôpital. « Le défunt se rendait à la boutique pour effectuer une commission de sa mère. La victime lui aurait demandé une pièce de 100 francs avant de lui administrer un coup à la main gauche. Les constations corroborent le certificat de genre de mort.

L’accusé soutient qu’il n’a jamais eu l’intention de donner la mort. Devant le juge, il reconnaît un seul coup, alors qu’à la police, il avait dit avoir donné plusieurs coups. Le crime est extrêmement grave. Ndama est l’auteur des faits qui ont coûté la vie à Mamadou Lo. Je ne crois pas à ce qu’il dit quand il parle de l’extrême ivresse de la victime. Celle-ci était désarmée et physiquement faible. C’est dans un souci de vengeance qu’il a eu à lui administrer plusieurs coups. Il s’est acharné sur elle. Il est impossible de croire l’accusé. Il avait bel et bien l’intention de donner la mort. Il a visé une partie vitale, la cage thoracique. La thèse de la légitime défense est totalement fausse », a développé le maître des poursuites en requérant une peine de 20 ans de travaux forcés contre Ndama. Quant aux avocats de la défense, ils ont plaidé l’excuse de provocation tout en demandant l’application bienveillante de la loi et la disqualification des faits en coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. La chambre criminelle du Tgi de Dakar a mis l’affaire en délibéré le 17 mars prochain.

Le Témoin

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