Menu
DakarFlash
DakarFlash.com

RSF accuse la Chine de vouloir imposer "un nouvel ordre mondial des médias"


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 25 Mars 2019 || 54 partages || 0 commentaires

RSF accuse la Chine de vouloir imposer "un nouvel ordre mondial des médias"
Le régime communiste, classé 176e sur 180 pays par RSF dans son classement 2018 de la liberté de la presse, contrôle étroitement les médias et a mis en place "une grande muraille de l'information" pour bloquer les sites internet et les contenus jugés nocifs, pointe RSF. Cette politique ne se limite pas au territoire national et l'organisme estime que Pékin "exporte" ses méthodes de censure et de surveillance dans le monde entier.

"Par le biais de ses ambassades et de son réseau d'instituts culturels et linguistiques Confucius, la Chine n'hésite plus à recourir à l'intimidation et au harcèlement pour imposer son vocabulaire idéologiquement correct et tenter d'occulter les chapitres noirs de son histoire", dénonce l'association de défense de la liberté de la presse dans son rapport intitulé "le nouvel ordre mondial de l'information selon la Chine".

Interrogé lors d'un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a estimé que l'étude de RSF n'était "pas conforme à la réalité" et ne méritait "même pas d'être réfuté".

La Chine investit des sommes considérables
Selon Reporters sans frontières, pour parvenir à ses fins, "Pékin dépense sans compter: modernisation de l'audiovisuel extérieur; entrée dans le capital de médias étrangers; achat massif de publicités; invitation en Chine, tous frais payés, de journalistes du monde entier".

"En une décennie, la Chine a massivement investi pour moderniser sa communication: le groupe audiovisuel CGTN est désormais diffusé dans 140 pays et la radio RCI couvre 65 langues. Le régime est parvenu à convaincre des dizaines de milliers de journalistes de pays émergents d'aller 'former leur esprit critique' à Pékin, tous frais payés, en échange d'une couverture de presse favorable", condamne l'organisme.

Ce dernier met également en garde contre les outils "de censure et de surveillance" qu'exporte l'Empire du Milieu, comme le moteur de recherche Baidu ou la messagerie instantanée WeChat, dont les données non-cryptées sont accessibles aux autorités chinoises.

"Une menace pour les démocraties"
"Le gouvernement chinois est parvenu à forger mondialement une opinion publique plus favorable", observe Lo Shih-hung, professeur d'information communication à l'Université nationale Chung Cheng de Taïwan. "Le résultat est manifeste: beaucoup de pays hésitent à poser des questions trop directes à la Chine ou à faire pression sur le gouvernement chinois."

"Le nouvel ordre mondial des médias que les autorités chinoises défendent dans le monde entier va à l'encontre du journalisme", observe Cédric Alviani, responsable de RSF pour l'Extrême-Orient. "Il s'agit d'un nouvel ordre des médias dans lequel le journaliste travaille pour l'État, pas pour les citoyens".

L'offensive chinoise "est une menace directe non seulement pour les médias mais aussi pour les démocraties", conclu le rapport.

DakarFlash3



Nouveau commentaire :