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Riposte à Sonko : Le pouvoir opte pour le contre-feu


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 24 Octobre 2018 || 28 partages || 0 commentaires

 

Face aux attaques de Sonko, la majorité multiplie les maladresses. Accusations décousues et irréelles se le disputent au nanisme vertueux de ceux qui les portent. Et le leader de Pastef, quand il ne prêche pas le faux pour avoir le vrai comme dans les films policiers, joue à fond la carte de la victime.

Alors qu’il devait être à l’offensive en alimentant, comme l’aurait fait Goebbels, la propagande politique, le pouvoir de Macky Sall joue sur la défensive, oubliant que le meilleur moyen de se défendre, c’est d’attaquer. Comme s’ils voulaient noyer le livre de Sonko, les pro-Macky optent pour le contre-feu. Son appartenance à la mouvance salafiste, son implication dans un mic-mac foncier vers Mbao et, dernièrement, son financement par Yaya Jammeh sont brandis comme épouvantails contre la montée en côte de Sonko dans l’opinion. Encore que tout ceci aurait pu faire effet si la stratégie était réfléchie, mûrie et coordonnée avec des éléments de langage précis et fournis par doses homéopathiques à une population friande de rumeurs. Parce que, il est clair que l’opinion sénégalaise aime les ragots sur les potins de ceux qui le dirigent ou aspirent à la diriger. Senghor parlait de «radio Cancan» ou «radio Sicap Baobabs» quand Djibo Kâ évoquait les «rumorivores». On n’y peut rien, c’est notre anthropologie qui est ainsi faite. Donc, c’est indiqué d’exploiter cette faiblesse. Mais, il faut le faire avec une dose d’intelligence en essayant, en amont, de discuter des éléments de langage à distiller et les personnes qui les portent. Parce que le crédit de l’information dépend, pour une grande partie, de celui qui la porte. Sur ce registre, que vaut l’accusation de Gaston Mbengue disant de Sonko qu’il est financé par Yaya Jammeh ? Cela, c’est pour l’emballage, donc la forme. Dans le fond, soit Sonko est financé par Daesh soit il l’est par Jammeh mais pas les deux à la fois. A moins que Jammeh soit, lui-même, un porteur de valises pour l’Etat islamique.
En définitive, le pouvoir, en plus de s’emmêler les pinceaux, se retrouve les deux pieds dans le tapis. Et cela renvoie une piètre image. Une communication mauvaise et sans coordination laisse, en effet, penser à une armée mexicaine où il n’y a pas de chef qui commande. Alors, même des «sans grades» sont admis à communiquer. La conséquence étant que ça vole dans tous les sens.

Nul besoin d’être expert en «victimologie» pour savoir que ce charivari verbal de la majorité dessert son candidat. Et donc, bénéficie à la victime qui est même courtisée par l’ancien président de la République qui pense avoir trouvé en lui un cheval de Troie pour abréger le règne de son tombeur. L’autre risque, c’est que, en focalisant toutes leurs énergies sur une même personne, les francs-tireurs du régime en oublient d’autres qui pourraient profiter de ces moments d’inattention pour doubler en deuxième voire troisième position.
Ne voulant pas se laisser mener à l’abattoir sans réagir, Sonko oppose sa contre-formule. Il prêche le faux pour avoir le vrai. Aussi bien dans le dossier de la dame Mariama Sagna que dans le détournement présumé, par Mamadou Mamour Diallo, d’un magot de 94 milliards, Sonko sort des chiffres et aligne des faits qui résistent difficilement à l’analyse. Mais, c’est stratégie contre stratégie : le faux et le feu.

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