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Transports et couvre-feu : Quand l’Etat cède à la pression populaire


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 4 Juin 2020 || 45 partages || 0 commentaires

Transports et couvre-feu : Quand l’Etat cède à la pression populaire
 

C’est une reculade de plus faite par le gouvernement sénégalais dans la gestion de la pandémie de la Covid-19.

En effet, après une série de violentes manifestations, notamment à Touba, Tamba, Kaolack, Thiès et Diourbel, entre autres localités du pays, dénonçant ainsi le couvre-feu et les mesures de restriction dans le secteur du transport, l’Etat a mis la pédale douce.

Et c’est le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, qui passe à l’acte en annonçant, ce jeudi 4 juin, la reprise des transports urbains et interurbains sur toute l’étendue du territoire, l’aménagement du couvre-feu de 23 h à 5 h du matin, la réouverture des restaurants et des salles de sport et la reprise des réunions publiques.

Des mesures ‘’audacieuses’’ qui sont prises au moment où notre pays comptabilise quelque 4 021 cas positifs, dont 45 décès, dans un contexte de prolifération des cas communautaires, comme l’a révélé, quelques minutes avant lui, son collègue ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.

A la place du «Restez chez vous» prôné par le président Macky Sall au début de la maladie, en début mars, avant d’inviter les Sénégalais à «apprendre à vivre en présence du virus», son ministre des Transports terrestres, Oumar Youm, décrète le ’’Restons vigilants !’’.

Cette nouvelle reculade est donc constatée quelques jours après le revirement spectaculaire de l’Etat, le 2 juin dernier, avec l’ajournement, à la dernière minute, de la reprise des enseignements pour les élèves en classes d’examen, à savoir Cm2, 3e et terminale. Les raisons avancées : des cas de Covid-19 notés parmi des enseignants qui ont effectué leur retour à Ziguinchor pour rejoindre leur poste.

Une cacophonie sans précédent qui pouvait pourtant être évitée, dans la mesure où des voix s’étaient élevées, dès l’annonce de la mesure, à savoir les syndicats d’enseignants, mais aussi les associations de parents d’élèves, pour alerter sur les risques d’une reprise dans une situation où la Covid-19 ne cessait d’étendre ses tentacules dans l’ensemble du Sénégal.

Mais c’était sans compter avec les services du ministère de l’Education nationale qui voulaient vaille que vaille sauver l’année scolaire d’une année blanche. Résultat des courses : tout ce déplacement massif d’enseignants, d’administratifs et même d’élèves vers l’intérieur du pays n’a servi à rien, sinon qu’à mettre en péril la vie des populations.

Pour rappel, le tâtonnement du gouvernement dans la gestion de la pandémie s’est aussi fait sentir dans la délivrance des autorisations spéciales de circuler, mais surtout dans la réouverture des lieux de culte, il y a quelques semaines. Ce, suite à la pression des foyers religieux.


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